La Fédération des Editeurs de Presse du Cameroun (Fedipresse) trouve en la fermeture provisoire du quotidien « Le Quotidien de l’Economie », le début d’un déclin de la presse privée sur le sol camerounais. Pour une énième fois , le président de ladite fédération est monté au créneau, ce mercredi 23 mai 2018 à Yaoundé.
Plusieurs directeurs de publications ont répondu présents. Réunis autour de leur président, le directeur de publication du quotidien « Le Jour », Haman Mana, ils avaient un seul mot. Trouver une solution idoine pour la subvention de la presse écrite au Cameroun. L’annonce de la cessation de parution du « Quotidien de l’Economie » est venue tirer la sonnette d’alarme. « La presse écrite privée du Cameroun va mal, très mal. Elle est menacée de faillite. Elle est en danger de disparition. Ce qui est arrivé au Quotidien de l’Economie peut arriver à n’importe lequel des titres qui continuent à paraître, et à tout moment » a indiqué le président de la Fedipresse.
Face aux hommes de média, les patrons de presse décrient leur chemin parsemé d’embûches. Entre, des tirages modestes de la presse privée qui annulent l’effet de l’économie d’échelle, la faiblesse des abonnements et l’avarisme des annonceurs, le quotidien n’est pas toujours facile. C’est juste là une partie de l’iceberg, car, les annonceurs insolvables font mouche dans ce secteur. « Il y a les administrations publiques qui accumulent inexplicablement les factures de la presse pendant plusieurs mois voire plusieurs années » a décrié le leader de la Fédipresse. Conséquence, les entreprises de presse croupissent dans la misère. Quelques faits saillants de cet handicap dans la société sont entre autres, le fonctionnement boiteux des entreprises de presse, les arriérées de salaire de leurs employés, un climat délétère qui empêche l’épanouissement personnel des journalistes et aussi la gloire du métier.

C’est ainsi que la fédération crie leurs ras le bol. Et exige des pouvoirs publics de revoir l’aide publique à la presse privée. Un mémorandum a été adressé au gouvernement à ce sujet. Jusqu’ici, selon les panélistes, la réaction de la hiérarchie est restée vaine, bien que depuis 2003 qu’existe l’aide de l’État à la communication privée. Cette préoccupation regroupe au-delà de la presse, plusieurs secteurs de la communication. Une situation qui n’arrange guère les partisans de ladite fédération. Résultat de cause, depuis 13 ans, que ce coup de pousse étatique à la communication privée a vu le jour, aucune ligne n’a véritablement bougé au sein des différentes entreprises de presse. La Fédipresse a émis des choses désirées dans le mémorandum daté du 23 mai 2016. Pour un fonctionnement harmonieux de « l’aide publique à la presse privée », les éditeurs de presse du Cameroun ont prévu une réforme de l’aide publique de l’État. Cette dernière prévoit des points importants tels que l’adoption d’une loi instituant l’aide publique à la presse privée, la création d’un compte d’affectation spéciale doté de cinq milliards Fcfa, arrêté chaque année par le parlement dans le cadre de l’adoption du budget de l’État et la création d’une structure paritaire État-Organes de Presse pour la sélection des entreprises devant bénéficier de cette aide.



