Cameroun : Paul Biya face au choix de la convocation des élections municipales

Le calendrier électoral camerounais attend une décision présidentielle cruciale. Le chef de l’État, Paul Biya, est confronté à un choix institutionnel concernant le renouvellement des conseils municipaux. Les mandats de ces derniers, initialement prévus pour s’achever en février 2025, ont déjà fait l’objet d’une prorogation.
Une échéance légale imminente
Conformément au Code électoral, le pouvoir exécutif dispose d’un délai précis pour organiser un scrutin après l’expiration d’un mandat local. Cette échéance légale, fixée au 10 février 2026, oblige le président de la République à se prononcer formellement dans les prochaines heures. L’option principale consiste à convoquer le corps électoral par décret, lançant ainsi officiellement le processus des élections municipales et législatives.
La possibilité d’une nouvelle prorogation
Une alternative existe cependant. Le cadre juridique, précisé à l’article 170, autorise le président, après consultation du gouvernement et du bureau du Sénat, à prolonger exceptionnellement le mandat des élus municipaux. Cette mesure, justifiée par des « nécessités » non précisées par la loi, est encadrée par une limite de durée cumulative ne pouvant excéder dix-huit mois.
Les précédents illustrent cette pratique. Avant les municipales de 2020, le mandat des conseillers avait été étendu à deux reprises, d’abord de douze mois, puis de quatre mois supplémentaires. Dans le contexte actuel, une éventuelle nouvelle prorogation serait légalement limitée à une durée maximale de trois mois, la précédente extension ayant déjà accordé quinze mois aux élus locaux.
Un climat d’attente politique
Cette incertitude calendaire maintient les acteurs politiques en alerte. L’attention se porte sur toute signature ou publication au Journal Officiel pouvant indiquer l’orientation choisie par le pouvoir. Récemment, l’élu Cabral Libii a publiquement évoqué ce délai, anticipant une décision présidentielle imminente concernant soit la convocation des électeurs, soit une brève prolongation des mandats.
Cette attente soulève des interrogations sur la planification électorale et le respect des cycles démocratiques locaux. La décision qui interviendra dans les prochains jours engagera la prochaine séquence politique nationale, entre renouvellement des instances locales et continuité de l’action municipale.



