Cameroun : un marché de gré à gré de 21,4 milliards FCFA pour l’éclairage public

La présidence de la République du Cameroun a autorisé le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu) à lancer une procédure de gré à gré d’un montant de 21,4 milliards de francs CFA. Cette décision, formalisée par une correspondance du ministre d’État, secrétaire général de la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh, fait suite à une demande de la ministre Célestine Ketcha Courtes.
Un projet d’électrification des communes
L’opération porte sur la fourniture et l’installation de 21 500 lampadaires solaires au profit des 360 communes du territoire national. Elle constitue la première phase d’un projet plus vaste d’éclairage public. Si l’objectif d’améliorer l’électrification en milieu urbain et périurbain est largement partagé, le choix de la procédure de passation du marché interpelle les observateurs des finances publiques.
En effet, le gré à gré, qui permet de négocier directement avec un opérateur sans mise en concurrence publique, est généralement réservé par la réglementation aux situations d’urgence ou de crise. Son utilisation en temps ordinaire pour un projet de cette envergure soulève des questions sur le respect des principes de transparence et d’optimisation des dépenses publiques.
Un coût unitaire au centre des débats
L’entreprise retenue, SUNNA DESIGN, est spécialisée dans les solutions d’éclairage solaire. Selon les chiffres du marché, le coût unitaire d’un lampadaire solaire s’élèverait à environ 995 348 FCFA. Cette estimation contraste avec celle d’un projet comparable mené par la même entreprise au Togo. En 2024, SUNNA DESIGN y a déployé 30 000 lampadaires solaires intelligents dans le cadre d’un contrat incluant la maintenance, pour un coût unitaire avoisinant 526 000 FCFA.
Cette différence de prix, pour des équipements et des prestations similaires, alimente les questionnements sur les facteurs justifiant un tel écart. Les spécifications techniques, les clauses de maintenance, les garanties ou les conditions logistiques propres au contexte camerounais pourraient expliquer en partie cette variation. Aucune précision n’a toutefois été officiellement communiquée pour éclairer cette comparaison.
Cette autorisation présidentielle place ainsi le projet d’éclairage public au cœur d’un débat plus large sur la gouvernance des marchés publics et la recherche de la meilleure valeur pour l’argent des contribuables.



