Cameroun – Revendications : Voici toute l’économie des échanges entre les jeunes du Noso et Mounouna Foutsou

Le ministre de la jeunesse et de l’éducation civique Mounouna Foutsou à reçu hier, 13 juillet, dans ses locaux, une délégation de jeunes camerounais originaire des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Noso) du pays. Ils étaient accompagnés de Fadimatou Iyawa, présidente nationale du CNJC.
« C’est satisfait que nous repartons, car vous avez accepté de nous rencontrer et de nous écouter » a indiqué Paul Ngale au ministre de la jeunesse et de l’éducation civique Mounouna Foutsou. Il s’exprime ainsi au nom de tous les Présidents CNJC présent. En effet, au cours de l’audience à eux accordée, les interlocuteurs ont fait le tour des sujets phares relatif au sort des jeunes de cette partie du pays en proie à la guerre.

Paul Ngale, au nom du Président Régional du CNJC pour le Sud-Ouest, explique que les jeunes du Cnjc sont majoritairement des volontaires. Ils souhaiteraient de ce fait bénéficier d’un coup de pouce pour accéder à l’emploi ou à des écoles de formation. « Ces jeunes font des sacrifices et ne reçoivent pas de reconnaissance en retour. Ils se sentent de ce fait abandonnés. » confie t-il avant de poursuivre Son chapelet de revendications. « Plusieurs voudraient accéder à des postes où ils peuvent apporter leur expérience à l’épanouissement des jeunes. A voir d’autres jeunes de la société civile bénéficier desdits postes, ceux du Cnjc se disent frustrés. Enfin, les activités sont menées sur fond propre car ils ne bénéficient pas toujours de subventions. »
De ce fait, selon le président du Cnjc du Lebialem, les jeunes fondent beaucoup d’espoir sur l’initiative Youth Connekt Cameroon. « Il faudrait que se soit une priorité du Minjec car les jeunes ont peur que l’initiative soit relayée au second plan au vue des autres projets lancés par le Ministère comme le Digital Youth Service Center (Dysc). » Tout en rappelant le kidnapping d’un jeune du Cnjc qui a passé 23 jours de captivité, le Président souligne la détermination des jeunes leaders à poursuivre leur mission malgré le climat d’insécurité qui règne dans la région. Dans la suite des réclamations des jeunes du Noso, y figure les questions d’apparat. Pour la Présidente CNJC du Fako, Moki Caroline, « les défilés du 11 février et du 20 mai sont prisés par les jeunes du CNJC, mais malheureusement ils ne disposent pas de tenue pour défiler. Il faudrait y remédier. Tout comme les jeunes souhaitent être utilisés pour sensibiliser la population contre la Covid 19. »
Prenant la parole à son tour, le Ministre Mounouna Foutsou se réjouit de cette rencontre qui prouve que ces jeunes leaders comprennent ce qu’est le CNJC à savoir une plateforme de dialogue entre les jeunes, le gouvernement et les partenaires. Plateforme qui a justement pour but de faire des plaidoyers en faveur des jeunes.
Pour ce qui est donc des sollicitations posées par les Présidents départementaux du Cnjc, le Ministre insiste sur le fait qu’il faut donner du crédit au Conseil National de la Jeunesse du Cameroun, afin qu’il soit perçu comme une instance effectivement représentative de la Jeunesse du Cameroun à travers les activités menées en faveur de cette jeunesse. « C’est grâce à ce crédit que ces jeunes seront reçus et écoutés partout où ils iront », affirme-t-il.
Sur la question de la place du Youth Connekt Cameroon, Mounouna Foutsou insiste sur le fait qu’il n’a pas été relayé au second plan. Cette initiative fait parti, tout comme d’autres projets, des initiatives dont le but est d’accélérer l’insertion socio-économique des jeunes. Le ministre regrette cependant que le contexte actuel, fait de crises sanitaire et d’insécurité dans certaines villes du Cameroun, ne permet pas toujours de se déployer aussi efficacement que voulut.
Éclairages
Pour répondre aux différentes préoccupations posées, le Minjec, s’est entouré de ses collaborateurs qualifiés en la matière. S’agissant des subventions accordées au CNJC, la Directrice de la Vie Associative et de la Participation des Jeunes au Minjec, Ngeh Rekia Nfunfu, indique que pour l’exercice 2020, les fonds sont encore au niveau du Ministère des Finances. Sur les opportunités d’emplois ou d’accès à des écoles de formation dont pourraient bénéficier les jeunes du Cnjc, la Directrice indique qu’aujourd’hui tout se fait et dépend du Ministère de la Fonction Publique. Sur le Parlement des Jeunes, une liste des jeunes porteurs de projets est élaborée et sera envoyée dans les départements ministériels compétents.
D’après l’Inspecteur Assistant des Programmes et Méthodes, il est primordial de sécuriser les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour un meilleur épanouissement des jeunes. « les leaders du CNJC ont leur rôle à jouer dans ce processus de sécurisation » confie t’il.
C’est donc avec le cœur apaisé que les Présidents Départementaux du Conseil National de la Jeunesse du Cameroun (Cnjc) de la région du Sud-Ouest et du Nord-Ouest ont pris congé du patron du ministère en charge de la jeunesse et l’éducation civique au Cameroun.



