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Cameroun- Sport paralympique : entre avancées et frustrations, Jean-Marie Aleokol dresse le bilan 2025 et trace les perspectives

Cameroun- Sport paralympique : entre avancées et frustrations, Jean-Marie Aleokol dresse le bilan 2025 et trace les perspectives

 Cameroun- Sport paralympique : entre avancées et frustrations, Jean-Marie Aleokol dresse le bilan 2025 et trace les perspectives

Dans un entretien bilan accordé le 30 décembre 2025, Jean-Marie Aleokol, président de la Fédération camerounaise des sports pour déficients intellectuels (FECASDI) et par ailleurs président de la Confédération africaine de para-athlétisme (CAPA), revient sur une saison contrastée. Entre efforts organisationnels au plan national, difficultés persistantes à l’international et ambitions continentales affirmées, le dirigeant plaide pour un engagement plus fort des pouvoirs publics et des instances sportives.

Un bilan « mi-figue, mi-raisin » pour la FECASDI

Pour Jean-Marie Aleokol, l’année sportive 2025 de la FECASDI ne peut être analysée sans nuances. « C’est un bilan mi-figue, mi-raisin, parce que les problèmes que nous avons rencontrés nous obligent à la retenue », confie-t-il d’emblée.

Malgré des moyens limités, la fédération a néanmoins pu tenir ses principaux rendez-vous nationaux. Trois événements majeurs ont marqué la saison : l’ouverture officielle, le regroupement sportif intermédiaire et la clôture de l’année. À cela s’est ajouté un tournoi de football pour déficients intellectuels, organisé du 28 novembre au 2 décembre, présenté comme un bonus apprécié par les athlètes.

Le grand frein : l’absence de compétitions internationales

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C’est surtout sur le plan international que le bât blesse. Le président de la FECASDI ne cache pas son inquiétude : « Nous avons de sérieux problèmes. Nous n’arrivons pas à sortir régulièrement à l’international ». Alors que la fédération propose chaque année plusieurs compétitions afin de faire progresser ses athlètes et de se rapprocher des standards exigés pour les Jeux paralympiques, la réalité reste bien en-deçà des attentes.

En 2025, une seule compétition internationale a pu être disputée, et ce, « avec des moyens aux rabais ». Une situation qui amène Jean-Marie Aleokol à s’interroger : « Veut-on réellement que nous avancions ou souhaite-t-on nous maintenir dans un état embryonnaire ? »

Pour espérer rivaliser au plus haut niveau, notamment en vue des Jeux paralympiques de 2028, la FECASDI estime avoir besoin d’au moins trois compétitions internationales par an. L’enjeu est d’autant plus important que, jusqu’ici, l’Afrique n’a jamais été représentée aux Jeux paralympiques par des athlètes déficients intellectuels. « Le Cameroun peut marquer l’histoire », insiste-t-il.

Jeux des personnes spéciales : satisfaction mitigée

Évoquant la 3ᵉ édition des Jeux des personnes spéciales de l’Afrique francophone, organisée au Cameroun, Jean-Marie Aleokol adopte un ton à la fois reconnaissant et critique. Il remercie le gouvernement camerounais pour avoir permis l’organisation de cet événement d’envergure, tout en regrettant certaines insuffisances.

Ces jeux regroupent les quatre ordres de handicap – auditif, visuel, physique et intellectuel – et ne concernent donc pas uniquement les déficients intellectuels. Toutefois, l’absence ou la faible implication de certaines composantes a laissé « un goût amer ». Le président de la FECASDI déplore notamment le manque de soutien structuré du Comité national paralympique, alors même que celui-ci est dirigé par un Camerounais, une situation rare sur le continent. « Beaucoup ne voient pas où nous voulons amener notre mouvement, et c’est un peu gênant », regrette-t-il, appelant l’État à poursuivre et renforcer son accompagnement.

La CAPA, un nouvel outil pour structurer le para-athlétisme africain

Élu président de la Confédération africaine de para-athlétisme (CAPA) lors de l’assemblée générale constitutive tenue en juillet 2025, Jean-Marie Aleokol voit dans cette nouvelle structure un levier stratégique pour le développement du sport paralympique en Afrique.

La création de la CAPA répond à une exigence du mouvement paralympique international, qui encourage la mise en place d’associations continentales spécialisées. « Tout ce qui se fait dans l’olympisme devrait se faire aussi pour les personnes en situation de handicap », explique-t-il, rappelant que le terme para traduit cette volonté d’alignement organisationnel.

L’athlétisme, sport individuel par excellence, a été choisi comme priorité, notamment parce qu’il offre davantage d’opportunités de médailles. Autre défi majeur : l’absence de classificateurs en Afrique noire. La CAPA entend ainsi collaborer avec le Comité international paralympique pour faire venir des experts chargés de former des classificateurs, mais aussi des entraîneurs, officiels techniques et psychologues sportifs.

Cap sur 2026 et au-delà

Pour l’année 2026, les ambitions sont claires : créer et structurer des fédérations nationales de para-athlétisme à travers le continent et multiplier les sessions de formation. L’objectif est qu’en 2027, la CAPA soit en mesure d’organiser son tout premier meeting continental d’athlétisme.

À travers ces projets, Jean-Marie Aleokol espère répondre à l’un des maux chroniques du sport paralympique africain : le manque de compétitions régulières. « La CAPA est là pour gérer les problèmes africains et développer l’athlétisme sur le continent », conclut-il, convaincu que seule une action concertée permettra aux athlètes africains d’arriver sur la scène mondiale avec une véritable expérience compétitive.

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