Cameroun – Tentative de putsch à la CSTC : ABRAHAM BABOULÉ brise le silence et ferme toute conciliation avec son ancien SG et Cie « Ils ont traversé le rubicon »
Cameroun - Tentative de putsch à la CSTC : ABRAHAM BABOULÉ brise le silence et ferme toute conciliation avec son ancien SG et Cie, « Ils ont traversé le rubicon »

Cameroun – Tentative de putsch à la CSTC : ABRAHAM BABOULÉ brise le silence et ferme toute conciliation avec son ancien SG et Cie, « Ils ont traversé le rubicon »
Dans un entretien sans détour accordé à http://Afrikinfo.net, hier, 22 septembre, au Ministère du Travail, à Yaoundé, Abraham Baboulé revient sur la tentative de putsch dont il a été victime. Exclusions, imposture, esprit de banditisme et légitimité du congrès du 17 juillet. Le président confédéral légitime de la plus ancienne centrale syndicale du pays, créée en 1972, ne laisse rien passer.
Afrikinfo.net : Président Baboulé, vous venez d’entamer un nouveau mandat à la tête de la CSTC. Pourtant, des dissidents continuent de se prévaloir du titre de président confédéral. Où en est la situation ?
Abraham BABOULÉ : C’est une mise au point sans détour. Ceux qui sont réservés à ces dissidents ont été exclus par le congrès. L’instance suprême, les décisions du congrès sont du dernier ressort. Les statuts et règlements intérieurs de la CSTC le soulignent à grand trait. Ils ont été exclus de la CSTC et les décisions d’exclusion leur ont été notifiées. Ils sont au courant.
J’apprends qu’ils continuent à écrire, il y en a qui se présentent comme président confédéral de la CSTC. C’est une imposture parce qu’ils n’ont jamais été élus à un congrès régulièrement convoqué par la CSTC.
Vous avez pourtant tenté la réconciliation avant le congrès ?
Bien sûr. La main a été tendue à plusieurs reprises avant le congrès, notamment lors de réunions au Ministère du Travail présidées par le greffier des syndicats.
La dernière réunion c’était le 07 juillet. Nous avons tenu une ultime réunion préparatoire au congrès du 17. Ils parlaient de la mise à l’écart d’un certain nombre de syndicats. Nous avons accepté le 07 juillet, en présence du greffier, de ramener certains syndicats qui ne remplissaient pas les conditions de participation au congrès pour ramener la paix. Le 08 juillet à Edéa, nous avons pris une résolution qui élargissait la participation par la simple qualité d’avoir participé à l’élection des délégués du personnel de janvier. Cette résolution a été publiée, ils étaient au courant.
Aujourd’hui, une conciliation est-elle encore possible avec votre ancien secrétaire général et les autres cadres exclus ?
Au stade actuel des choses, aucune conciliation n’est possible. Ils ont traversé le Rubicon. Le congrès qui est l’instance suprême a pris une décision. Qui suis-je pour prendre une décision contraire à celle prise par le congrès ?
Vous évoquez notamment le cas du camarade Célestin Bama, votre ancien secrétaire général. Que s’est-il passé ?
C’est un jeune frère que j’ai pris comme secrétaire général lors du congrès unitaire de 2021. Que je formais pour que dans l’avenir… Mais quand quelqu’un est animé d’un esprit de banditisme…
Je vais vous dire les faits. Je l’ai pris au bureau confédéral. J’ai estimé que si notre secrétaire général est volatile, c’est parce qu’il n’a pas de moyens de subsistance. J’ai amené le bureau confédéral à décider de lui octroyer une indemnité de permanence de 150.000 FCFA tous les mois et à son ami Ebosse qu’on a pris comme coursier, qui n’avait rien à voir avec la CSTC, une indemnité de 75.000 FCFA. Soit 225.000 FCFA que j’ai payés jusqu’au mois de mai 2026 sans interruption, alors qu’ils ne cotisaient pas. Déjà, M. Bama n’est responsable d’aucun syndicat.
Sur la légitimité même de votre 6e congrès du 17 juillet, les contestataires parlent d’un congrès non conforme…
Au niveau du sommet, il faut partir d’un syndicat. Tout à l’heure j’ai présenté le camarade Bidima qui est le nouveau secrétaire général. Il est le président du Syndicat National des Travailleurs des Organismes de Sécurité Sociale au Cameroun, donc à la CNPS. Et à l’issue des élections, il a 180 délégués. Moi je pèse 320 délégués du personnel sur les 1.200 de la CSTC.
Le congrès a été clair là-dessus. Près de 90% de la CSTC étaient présents. Le congrès s’est tenu dans les normes. On a respecté les textes. Et c’est pour ça qu’il n’y a eu aucune contestation quant à l’issue et aux résolutions de ce congrès.
Je crois que les camarades avaient la possibilité, s’ils avaient les moyens juridiques, d’attaquer les résolutions de ce congrès s’il ne s’était pas tenu dans les règles de l’art. Mais le congrès, dans sa convocation et dans sa tenue, a respecté les dispositions statutaires et réglementaires.
Ces camarades avaient bien reçu leurs convocations à temps parce que les textes prévoient que pour un congrès ordinaire, les convocations et les documents doivent parvenir aux congressistes au moins deux mois avant. Et ça a été fait.
Comment expliquez-vous alors cette tentative de putsch ?
Jusqu’aujourd’hui je ne comprends pas ce qui a pris mon jeune frère de se lancer dans une aventure sans issue. Il le sait. Depuis que le congrès s’est tenu, ils essayent d’ouvrir partout. Et peu à peu ils sont fermés parce qu’on leur a dit que c’est un chaos.
Déjà même à Genève, on s’exclamait, on disait mais vous êtes ici, on vous fait un putsch au Cameroun. Les textes prévoient que ce soit la convocation du congrès ou du conseil, c’est le président confédéral. Jusqu’à cette époque, j’étais toujours président confédéral. Qu’est-ce qui peut amener les gens à signer des convocations d’une réunion à l’insu du président confédéral ?
La CSTC continue à fonctionner normalement parce que nous avons l’essentiel des organisations syndicales affiliées avec nous. Toutes les organisations affiliées importantes étaient à notre congrès et font partie du bureau confédéral issu du congrès du 17 juillet 2026.
Propos recueillis par Jonas ABENA pour Afrikinfo.net



