Coopération Cameroun – Égypte : Un nouveau chapitre s’ouvre pour les PME, l’artisanat et l’investissement
Coopération Cameroun - Égypte : Un nouveau chapitre s'ouvre pour les PME, l'artisanat et l'investissement

Coopération Cameroun – Égypte : Un nouveau chapitre s’ouvre pour les PME, l’artisanat et l’investissement
Reçue en audience le 9 septembre à Yaoundé par le ministre Achille Bassilekin III, une délégation égyptienne conduite par S.E. Mohamed Karim Fouad Sharif a exploré de nouvelles pistes de partenariat, du financement des start-up au transfert de technologies, en passant par la formation et l’artisanat.
Yaoundé, 9 septembre 2026. La coopération entre le Cameroun et l’Égypte pourrait connaître une nouvelle impulsion dans les secteurs des petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat. C’est le principal enseignement de l’audience accordée ce mercredi par le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat, Achille BASSILEKIN III, à une délégation égyptienne conduite par S.E. Mohamed Karim Fouad Sharif, Ministre Assistant chargé des Affaires africaines au Ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Égyptiens de l’étranger.
Au cœur des échanges : la volonté partagée de transformer les relations entre les deux pays en opportunités concrètes pour les entrepreneurs, les investisseurs et les artisans. Une dynamique qui s’inscrit dans le prolongement de la visite effectuée précédemment en Égypte par le ministre camerounais et des engagements pris à cette occasion.
Mobiliser l’expérience égyptienne au profit des start-up camerounaises
Parmi les axes majeurs évoqués figure le renforcement de l’accès des start-up camerounaises aux financements internationaux, notamment dans le secteur du numérique. Le Cameroun entend tirer profit de l’expérience égyptienne en matière d’accompagnement et de mobilisation des ressources en faveur des jeunes entreprises innovantes.
L’Égypte s’est en effet imposée ces dernières années comme l’un des écosystèmes entrepreneuriaux les plus dynamiques du continent. La partie camerounaise souhaite notamment explorer les mécanismes susceptibles de favoriser le financement, l’accompagnement et la montée en puissance des jeunes pousses nationales.
Cette coopération pourrait également s’appuyer sur la stratégie égyptienne en faveur des micro, petites et moyennes entreprises à l’horizon 2030, que la partie égyptienne s’est dite disposée à partager avec le Cameroun. L’échange d’expériences, de savoir-faire et de technologies apparaît ainsi comme un levier essentiel pour renforcer les capacités des entrepreneurs des deux pays.
Vers un cadre institutionnel plus structuré
L’audience a également permis d’évoquer l’établissement d’un cadre de dialogue avec les principales institutions égyptiennes intervenant dans le développement des PME. Il s’agit notamment de l’Agence égyptienne de développement des micro, petites et moyennes entreprises, ainsi que de l’Agence égyptienne du Partenariat pour le Développement (AEPD).
Créée pour succéder au Fonds égyptien pour la coopération technique avec l’Afrique, l’AEPD constitue un instrument de coopération Sud-Sud destiné à mettre l’expertise et les compétences égyptiennes au service des pays du Sud, particulièrement ceux du continent africain. Elle intervient notamment à travers des programmes de formation, des bourses et le renforcement des compétences dans des domaines tels que le management et l’entrepreneuriat.
Pour le Cameroun, la mise en place d’un dialogue structuré avec ces institutions pourrait ouvrir de nouvelles perspectives en matière de formation, d’assistance technique, de développement des compétences et d’accompagnement entrepreneurial.
Le cuir et l’artisanat au cœur des perspectives
Autre dossier important : la relance des échanges autour de la création d’un centre de formation spécialisé dans les métiers du cuir, avec l’appui de la partie égyptienne. Ce projet, déjà évoqué lors de la visite du MINPMEESA en Égypte, traduit la volonté de donner une dimension opérationnelle au partenariat entre les deux pays.
Dans le même esprit, les deux parties envisagent l’ouverture de négociations en vue de la conclusion d’un accord de coopération dans le domaine de l’artisanat. Un tel instrument permettrait de mieux encadrer les échanges d’expertise, le transfert de technologies, la formation professionnelle, la valorisation des savoir-faire et, à terme, l’accès aux marchés.
Le secteur artisanal apparaît ainsi comme un autre terrain fertile pour une coopération renforcée entre Yaoundé et Le Caire.
Le rendez-vous d’El Alamein pour rapprocher les opérateurs économiques
Au sortir de l’audience, le chef de la délégation égyptienne a également mis l’accent sur les prochaines rencontres économiques devant rapprocher les milieux d’affaires camerounais et égyptiens.
Il a notamment annoncé la tenue prochaine en Égypte d’un Forum d’affaires égypto-camerounais, conçu comme une plateforme de rapprochement entre les entreprises des deux pays. L’objectif est de favoriser les contacts directs, les partenariats commerciaux et les opportunités d’investissement.
Dans la même perspective, la partie égyptienne souhaite voir une forte participation camerounaise au Forum africain des affaires qui se tiendra en octobre à El Alamein, ville côtière située à proximité d’Alexandrie, sur la Méditerranée.
L’événement devrait réunir des opérateurs économiques issus de plusieurs pays africains et offrir un cadre privilégié pour des rencontres B2B (Business to Business) et B2G (Business to Government). Pour les entreprises camerounaises, cette participation pourrait constituer une occasion de présenter leurs produits et services, d’identifier des partenaires et d’explorer de nouveaux marchés.
« Le Cameroun est une terre d’opportunités »
Cette dynamique de rapprochement repose sur une conviction exprimée par le responsable égyptien : le Cameroun constitue une véritable terre d’opportunités. Une appréciation qui rejoint la vision défendue par le MINPMEESA, dont l’action vise notamment à renforcer l’écosystème entrepreneurial national et à favoriser l’ouverture des PME camerounaises sur les marchés internationaux.
« Nous partageons beaucoup de défis et beaucoup d’objectifs », a souligné le chef de la délégation égyptienne, insistant sur la nécessité de travailler ensemble pour construire une coopération mutuellement bénéfique.
L’invitation adressée au ministre Achille Bassilekin III à effectuer une nouvelle visite en Égypte participe de cette volonté de maintenir le dialogue au plus haut niveau et de faire progresser les différents dossiers identifiés.
Au-delà des échanges diplomatiques, l’enjeu est désormais de convertir les intentions en mécanismes, les mécanismes en projets et les projets en opportunités pour les entrepreneurs. Dans un contexte où les deux pays cherchent à stimuler l’investissement, l’innovation et l’emploi, le rapprochement Cameroun–Égypte pourrait ainsi ouvrir une nouvelle séquence de coopération économique, fondée sur le partage d’expériences, le transfert de technologies et la création de valeur.
De Yaoundé au Caire, l’ambition est désormais claire : faire de la coopération entre les deux pays un véritable accélérateur pour les PME, les start-up et l’artisanat, au service d’une Afrique davantage intégrée et économiquement plus forte.



