Des chercheurs camerounais interpellent le président sur leur exclusion

Un groupe de jeunes diplômés camerounais, exclus des derniers recrutements dans les universités d’État, a adressé une lettre ouverte au président de la République, Paul Biya. Ce document de quatre pages exprime un profond sentiment d’injustice et de marginalisation face à un processus de sélection qu’ils jugent inéquitable.
Un appel à la réforme du système universitaire
Les signataires se présentent comme les représentants d’une jeunesse diplômée confrontée à un chômage structurel. Ils affirment maintenir, malgré tout, un engagement bénévole au sein des établissements d’enseignement supérieur, par devoir envers les futures générations et l’avenir du pays. Leur principale revendication est une intégration formelle dans le corps enseignant universitaire, qui leur permettrait de poursuivre leurs missions pédagogiques dans un cadre institutionnel.
La lettre remet en cause les mécanismes de recrutement, pointant l’influence supposée de recommandations, de soutiens politiques ou de moyens financiers, au détriment, selon eux, du mérite et des compétences académiques. Ils estiment que cette situation porte atteinte à la dignité des chercheurs et affaiblit l’institution universitaire dans son ensemble.
Une interpellation directe du pouvoir exécutif
En s’adressant directement au président de la République, les auteurs reconnaissent son autorité pour initier des changements profonds. Leur plaidoyer s’appuie sur une réflexion autour des concepts de pouvoir et de justice, évoquant la nécessité d’une gouvernance plus inclusive et équitable. Le ton de la lettre, bien que respectueux des institutions, traduit une certaine urgence et une lassitude face à une situation qu’ils décrivent comme une « mise à mort » quotidienne par le système.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations récurrentes concernant l’insertion professionnelle des jeunes diplômés au Cameroun et le fonctionnement des administrations publiques, y compris dans le secteur de l’éducation. Elle soulève des questions sur la transparence des procédures de recrutement dans la fonction publique et sur la capacité du système universitaire à retenir ses propres talents.
À ce jour, aucune réaction officielle de la présidence de la République ou du ministère de l’Enseignement supérieur n’a été rendue publique à la suite de cette interpellation.



