Fécafoot : Les subventions aux clubs camerounais dans l’impasse

Une gestion opaque des fonds publics
La transparence dans l’attribution des subventions gouvernementales aux clubs de football camerounais est au cœur d’une polémique grandissante. La Fédération camerounaise de football (Fécafoot), présidée par Samuel Eto’o, est directement interpellée sur l’utilisation et la distribution de ces fonds destinés à soutenir les structures professionnelles.
Des cas concrets de non-versement
L’alerte a été donnée par le Dr Doko Edjiane, président du conseil d’administration de la Colombe sportive du Dja et Lobo, club champion national. Lors d’une assemblée générale à Sangmelima, il a révélé que son club n’avait perçu aucune subvention de l’État depuis quatre saisons. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la Colombe est réputée pour sa santé financière relative et son respect des engagements salariaux envers ses joueurs.
Ce cas n’est pas isolé. Le Bamboutos FC avait précédemment manifesté pour les mêmes raisons, un contentieux qui aurait contribué à ses difficultés sportives et à sa relégation en deuxième division. Ces deux exemples pointent vers un dysfonctionnement systémique dans le circuit de redistribution.
Un cadre financier revalorisé mais inappliqué
L’actuel mandat fédéral avait pourtant acté une revalorisation significative de l’aide de l’État, la portant à 48 millions de francs CFA par club éligible. Cette enveloppe, conditionnée au respect de critères comme le paiement régulier des salaires et la fourniture de documents comptables, est censée constituer un socle financier pour les structures.
La question dépasse les subventions conditionnelles. Des sommes issues des prix sportifs (prize money), normalement automatiques, n’auraient pas non plus été versées à certains bénéficiaires, comme la Colombe. L’opacité règne donc sur l’ensemble des flux financiers devant transiter par la fédération vers les clubs.
Un silence fédéral qui alimente la crise
Face à ces allégations précises, la Fécafoot n’a pas apporté de démenti public ni fourni d’éclaircissements sur la gestion de ces fonds. Cette absence de communication officielle nourrit les suspicions et laisse planer le doute sur l’équité du processus.
Plusieurs interrogations cruciales restent sans réponse : quel est le nombre exact de clubs ayant effectivement reçu l’aide ? Les critères d’éligibilité sont-ils appliqués uniformément ? Existe-t-il des favoritismes dans les versements ?
Des conséquences lourdes sur le championnat
Cette incertitude financière a un impact direct sur la stabilité du football national. Les clubs ne peuvent pas construire de projet sportif et budgétaire à moyen terme s’ils ignorent s’ils recevront une aide promise. Cette situation crée une distorsion de concurrence, compromettant l’équité sportive si certains clubs sont financés tandis que d’autres, remplissant les mêmes conditions, en sont privés.
Dans un environnement économique déjà difficile pour le sport professionnel camerounais, où plusieurs clubs ont disparu faute de ressources, une gestion transparente des fonds publics est vitale. Elle est nécessaire pour identifier les clubs en détresse, garantir une répartition juste et restaurer la confiance entre la fédération et ses membres.
L’appel à la clarté
La pression monte désormais sur l’instance dirigeante pour qu’elle publie un audit détaillé et clair sur la gestion de ces subventions. La crédibilité de la Fécafoot et la santé financière du championnat camerounais dépendent de sa capacité à instaurer une gouvernance transparente. L’exigence de transparence n’est plus une option mais une condition sine qua non pour l’avenir du football au Cameroun.



