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Harmonisation du calendrier lunaire : la Oummah camerounaise pose les bases d’une unité durable

Harmonisation du calendrier lunaire : la Oummah camerounaise pose les bases d’une unité durable

Harmonisation du calendrier lunaire : la Oummah camerounaise pose les bases d’une unité durable

Yaoundé, 8 février 2026 ,le Complexe Islamique de Tsinga a accueilli ce dimanche un atelier national d’envergure consacré à la gestion du calendrier lunaire islamique au Cameroun. Placée sous le thème « Atelier national de renforcement de la gestion du calendrier lunaire islamique au Cameroun », cette rencontre historique marque une étape décisive dans la quête d’unité et de cohérence au sein de la communauté musulmane.

Initiée conjointement par l’Association Culturelle Islamique du Cameroun (ACIC), l’Association des Savants et Oulémas pour la Vulgarisation de l’Islam au Cameroun (ASSOVIC) et le Conseil des Savants Astronomes Islamiques du Cameroun (COSAIC), l’assise a réuni des experts en astronomie, des théologiens, des autorités traditionnelles et des représentants venus des dix régions du pays. L’objectif affiché : redynamiser et moderniser la Commission Nationale du Croissant Lunaire (CNCL) afin d’en faire l’unique référence légitime en matière d’observation lunaire.

Mettre fin à la confusion

Dans une intervention remarquée, le Général Ousseni Dibo, chef de communauté, a dressé un constat sans détour sur les dysfonctionnements observés ces dernières années. Selon lui, la multiplication des annonces contradictoires, souvent amplifiées par les réseaux sociaux, a profondément désorienté les fidèles.

« Les réseaux sociaux ne sont pas des instances religieuses. La vitesse de l’information ne remplace ni la science, ni la concertation, ni la sagesse », a-t-il déclaré, appelant à faire de la CNCL un cadre de dialogue et de protection contre la confusion.

Pour les organisateurs, il s’agit désormais de réconcilier tradition religieuse et modernité scientifique. Le président de l’ASSOVIC, Cheick Fessal Mounir Nsangou, a insisté sur la nécessité de doter la commission de ressources humaines compétentes et d’outils modernes. « Les progrès scientifiques ne s’opposent pas à la charia ; ils doivent être mis à son service », a-t-il affirmé.

Même son de cloche du côté de l’ACIC. Son représentant, Ibrahim Mohamed, a rappelé que l’observation du croissant lunaire est au cœur de la pratique religieuse musulmane et qu’elle exige rigueur, transparence et dialogue. « La divergence n’est pas une faiblesse lorsqu’elle est encadrée par le savoir », a-t-il souligné.

Une réforme structurante

Harmonisation du calendrier lunaire : la Oummah camerounaise pose les bases d’une unité durable 4

La “leçon inaugurale” du professeur Souley Mane, porte-parole de la CNCL, est revenue sur l’historique mouvementé de la gestion du calendrier lunaire depuis 1994, marquée par l’émergence de structures concurrentes et les mises en garde des autorités administratives. Il a lancé un appel solennel à la responsabilité et à la sincérité, afin de dépasser les intérêts partisans au profit de l’unité.

Au terme des travaux, cinq grandes résolutions ont été adoptées sous la coordination du Dr Hamidou Poufon, président du comité d’organisation. Parmi les mesures phares figurent l’ancrage institutionnel de la CNCL sous l’autorité de l’ACIC et de l’ASSOVIC avec l’appui du COSAIC, l’adoption d’une approche hybride combinant calculs astronomiques et observation visuelle, la digitalisation des échanges entre régions, l’instauration d’une communication officielle à des horaires fixes et la mise en place progressive d’une autonomie financière. Une nouvelle gouvernance articulée autour d’une Coordination nationale et d’un Bureau exécutif a également été actée.

Vers un nouveau départ

Clôturant les assises, le Général Ousseni Dibo a lancé un appel à la retenue et à la responsabilité des leaders religieux et des fidèles. « La lune se lève pour tous, elle n’appartient à personne. Regarder la lune ensemble, ce n’est pas nier nos différences, c’est choisir de les gérer avec sagesse », a-t-il déclaré.

Avec cet atelier, la communauté musulmane camerounaise semble franchir un cap important vers une gestion apaisée et consensuelle du calendrier hégirien. Le prochain rendez-vous est déjà fixé : le 29 Chaabane, lors d’une veillée d’observation médiatisée qui servira de premier test grandeur nature à cette nouvelle dynamique.

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