Cameroun : une révision constitutionnelle majeure prévue en mars 2026

Le paysage institutionnel camerounais pourrait connaître une transformation majeure au premier trimestre 2026. Selon plusieurs sources concordantes, une session parlementaire prévue en mars serait l’occasion d’une révision substantielle de la Constitution.
Une réforme aux contours régionaux
Le projet à l’étude prévoit notamment la création d’un poste de vice-président de la République, qui serait attribué à un ressortissant des régions anglophones. Cette mesure s’inscrirait dans un vaste plan de rééquilibrage géographique des principales fonctions de l’État.
Le poste de Premier ministre reviendrait ainsi à un représentant du Grand Nord, tandis que la présidence de l’Assemblée nationale serait dévolue à la région de l’Ouest. La tête du Sénat serait confiée au Centre, et celle du Conseil économique et social à la région de l’Est. Cette redistribution institutionnelle vise à renforcer la représentation des différentes composantes territoriales au sommet de l’État.
Un calendrier électoral en suspens
Ces spéculations surviennent dans un contexte d’ajustement possible du calendrier électoral. Le chef de l’État, Paul Biya, a lui-même évoqué publiquement, le 10 février 2026, la nécessité d’un « léger réajustement » en raison de « contraintes impérieuses ». Cette déclaration laisse entrevoir une nouvelle prolongation du mandat des députés au-delà du 30 mars 2026, date butoir de la prorogation actuellement en vigueur.
La session parlementaire de mars est donc attendue comme un moment décisif, qui pourrait précéder une modification des règles du jeu politique. Parmi les pistes évoquées figurent un allongement de la durée du mandat présidentiel à sept ans, ou une refonte du mode de scrutin pour l’élection du président.
Un climat politique tendu
Ces manœuvres institutionnelles interviennent après la réélection de Paul Biya en octobre 2025, un scrutin dont la régularité a été contestée par une partie de l’opposition. Des figures politiques, telles qu’Issa Tchiroma Bakary, dénoncent une forme de « confiscation du pouvoir » et appellent au boycott des prochaines échéances législatives et municipales.
La révision constitutionnelle envisagée apparaît ainsi comme un élément central dans la reconfiguration des équilibres politiques camerounais, à l’approche de futures consultations électorales. Elle cristallise des enjeux de gouvernance, de représentation régionale et de stabilité institutionnelle.



