Crise au Port de Douala : la gouvernance de Dion Ngute mise en cause

Une crise portuaire persistante
La question des opérations de scanning au Port autonome de Douala (PAD) continue d’alimenter les débats sur la gouvernance des infrastructures stratégiques camerounaises. Malgré les instructions formelles du Premier ministre Joseph Dion Ngute pour une reprise des activités avec le prestataire SGS, le port peine à retrouver son niveau d’activité antérieur. Cette situation de blocage, récemment évoquée sur une chaîne de télévision nationale, cristallise désormais les critiques à l’encontre de l’exécutif.
Un leadership gouvernemental questionné
L’incapacité à résoudre durablement ce conflit est perçue par certains observateurs comme le révélateur des limites de l’autorité du chef du gouvernement. Le journaliste Souley Onohiolo a ainsi émis des réserves quant à la fermeté de l’action gouvernementale dans ce dossier. Il a souligné la difficulté à comprendre l’absence de mesures décisives de la part du Premier ministre, particulièrement dans un contexte où la présidence de la République serait, selon lui, moins interventionniste. Pour ces critiques, une gestion reposant sur de simples échanges de correspondances administratives s’avère insuffisante pour trancher des litiges d’une telle ampleur économique.
La question de la répartition des pouvoirs
Parallèlement, l’économiste et consultant Dieudonné Essomba a abordé la question sous l’angle de la répartition des prérogatives au sein des institutions d’État. Il a rappelé le principe selon lequel la direction d’une entité aussi cruciale que le PAD ne saurait détenir un pouvoir discrétionnaire absolu dans l’attribution des marchés ou la sélection des opérateurs. Selon cette analyse, des décisions de cette nature, qui engagent l’intérêt national et la sécurité des approvisionnements, doivent nécessairement impliquer les plus hautes sphères de l’État, notamment la présidence de la République, en coordination avec le gouvernement. Cette perspective met en lumière les tensions potentielles entre l’autonomie de gestion des établissements publics et la supervision politique qui est censée les encadrer.
L’épisode du Port de Douala dépasse ainsi le simple différend contractuel pour toucher à des questions fondamentales de gouvernance institutionnelle et de hiérarchie des décisions au sein de l’appareil d’État camerounais.



