Michel Ange Angouing pointe la crainte de la justice comme frein au remaniement

La formation du nouveau gouvernement camerounais, annoncée par le président Paul Biya dans son discours de fin d’année 2025, accuse un retard notable. Dans une tribune publiée le 18 janvier 2026, Michel Ange Angouing, magistrat hors hiérarchie et conseiller technique au ministère de la Justice, analyse les causes de cette situation.
Une inertie attribuée à des craintes personnelles
Pour l’ancien ministre, ce délai s’expliquerait par les appréhensions de certains membres de l’administration en place. La perspective de quitter leurs fonctions les exposerait potentiellement à des procédures judiciaires, une éventualité qui alimenterait des résistances au renouvellement de l’équipe gouvernementale.
Michel Ange Angouing, qui se défend de toute animosité personnelle ou affiliation politique cachée, présente sa réflexion comme une contribution au débat public. Il insiste sur la nécessité, pour les responsables publics, d’assumer leurs actes et de rendre des comptes, une condition essentielle à la moralisation de la vie publique.
Un plaidoyer pour une justice apaisée et crédible
En sa qualité de magistrat, l’auteur s’interroge sur les raisons qui feraient de la justice une institution redoutée. Il estime qu’une telle crainte traduirait une crise de confiance profonde entre les citoyens et l’institution judiciaire. Pour y remédier, il rappelle les fondamentaux du métier de juge : l’objectivité, la protection des libertés individuelles et le refus de toute instrumentalisation des procédures.
Il appelle à distinguer l’exercice serein de la justice, qui doit rassurer, de la crainte qu’elle pourrait inspirer si elle était perçue comme partiale. La présence de « bons magistrats », affirme-t-il, garantit le respect du droit et l’équité des décisions rendues.
Un appel à la refondation sur des valeurs républicaines
La tribune lie directement la sérénité du processus de remaniement à une exigence plus large de transparence et de responsabilité. L’ancien ministre dénonce les atteintes à la fortune publique, qui, selon lui, minent l’économie et la cohésion sociale, et appelle à une prise de conscience collective.
Il en appelle finalement à un sursaut patriotique, reprenant le slogan présidentiel « Grandeur et Espérance », qu’il interprète comme un appel à privilégier l’intérêt général et les valeurs républicaines. La reconstruction d’une confiance entre les institutions et les citoyens, ainsi que le respect des biens publics, sont présentés comme les piliers indispensables à la paix et au développement du pays.



