Politique

Crise au SDF : Deux cadres réclament la démission de Joshua Osih

Le Front social-démocrate (SDF), principal parti d’opposition camerounais, traverse une période de fortes turbulences internes. Deux cadres influents ont officiellement demandé la démission de son président national, Joshua Osih, dans un document rendu public fin janvier 2026.

Un échec électoral au cœur des critiques

La motion, signée par Charlie Tchikanda et Stéphane Rivel Nguemalieu, membres du « Shadow Cabinet » du parti, s’appuie principalement sur le résultat de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Le candidat du SDF, Joshua Osih, n’aurait recueilli qu’environ 1% des suffrages, un score qualifié de « dérisoire » par les signataires. Ils estiment que cet échec constitue une rupture avec l’engagement pris par Osih lors de son élection au 10e congrès du parti en octobre 2023, qui était de bâtir une formation forte et conquérante, capable de remporter la présidentielle ou, à défaut, d’améliorer le score de 2018.

Une campagne et une gestion pointées du doigt

Le document détaille une série de dysfonctionnements attribués à la direction. Sur le plan de la campagne électorale, les deux cadres relèvent une mise en place tardive de l’équipe de campagne, un matériel insuffisant, une couverture partielle des bureaux de vote et l’absence de grands meetings de mobilisation. Ils critiquent également un discours ayant rejeté les coalitions, ce qui aurait entraîné une perte de voix, ainsi que des alliances annoncées avec des syndicats et d’autres partis politiques qui seraient restées sans suite.

Sur le plan politique, la motion reproche au SDF son absence sur les questions de libertés publiques, son manque de soutien aux victimes d’arrestations arbitraires et un déficit de solidarité envers les autres partis d’opposition. Les signataires jugent que le discours public du parti ne rassure plus les Camerounais sur son positionnement dans le paysage politique.

Des accusations d’opacité financière et de déclin institutionnel

La gestion interne du parti est également vivement critiquée. Charlie Tchikanda et Stéphane Rivel Nguemalieu dénoncent l’absence de budget formel, de manuel de procédures et de rapports financiers. Ils pointent une violation des principes de séparation des fonctions financières et une opacité concernant l’utilisation des subventions de l’État. La motion évoque aussi la nécessité de clarifier la situation de trois années de subventions prétendument non versées, un point soulevé par le président régional du Littoral en janvier 2026.

Enfin, les deux cadres soulignent un déclin institutionnel, marqué par la perte du siège du SDF au sein de l’Internationale socialiste et une gestion jugée inefficace du litige foncier concernant le siège du parti à Yaoundé.

Une demande de démission assortie d’une mise en garde

Face à ce constat sévère, les signataires demandent à Joshua Osih de « prendre ses responsabilités » et de démissionner de la direction du parti, un acte présenté comme une preuve d’honneur. Ils estiment qu’une telle décision permettrait de maximiser les chances du SDF aux prochaines échéances électorales municipales et législatives.

La motion se conclut par une mise en garde : en cas de refus, les deux cadres invitent le Comité exécutif national (NEC) du SDF, réuni en conseil de discipline, à adopter une résolution déclarant Joshua Osih inéligible pour l’élection présidentielle de 2032, ainsi que pour toute éventuelle anticipation de ce scrutin. Cette requête, datée du 26 janvier 2026 et émise depuis Bafoussam, illustre les tensions qui secouent la plus ancienne formation d’opposition du Cameroun après un nouvel échec électoral majeur.

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