Tabac et maladies cardiaques : le Docteur Ouankou Christian apporte des éclaircis
A l’occasion de la commémoration de la 31ème édition de la journée mondiale sans tabac, le 13 septembre dernier, le docteur Ouankou Christian, cardiologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yaoundé, s’est exprimé sur les colonnes de votre journal. Le sujet à l’ordre du jour, est la consommation du tabac et les maladies cardiovasculaires.
Afrikinfo.net: Quel est la tranche de personnes victime d’AVC causés par la consommation du tabac ?
Dr. Ouankou Christian: De plus en plus dans notre société, le tabac est présent et touche de plus en plus des sujets du jeune âge. Et il faut le dire d’emblé que les sujets en occident, qui font le plus de malaises cardiaques notamment, la crise cardiaque sont ceux qui fument en particulier les femmes en âge de procréer.
Afrikinfo.net: A quoi sont ils exposés ?
Dr. Ouankou Christian: Il existe des méfaits au niveau du système cardio-vasculaire et c’est surtout sur cela que nous allons nous nous appesantir en disant que le tabac agit à trois niveaux. D’abord à court terme, le tabac amenuie les défenses cardiovasculaire qui sont adaptatifs. C’est-à-dire que par exemple, à court terme, le tabac fait se contracter les artères. Ce qui, augmente le risque de faire un malaise au niveau du cœur et du cerveau. A long terme, le tabac, altère progressivement la structure des artères et fait que la vie des artères soit altérée et fait qu’elle se grasse. Ce qui donne ce que nous appelons la plaque altérante, c’est à dire cette vilaine maladie qui prédispose plus fréquemment des AVC, les autopsies comme on l’a déjà dit, les infarctus dominicales. Il y a aussi un troisième effet du tabac sur la santé cardio-vasculaire, c’est la diminution sur la santé du transporteur de l’oxygène dans le sang qu’on appelle hémoglobine. Les tabagistes ont moins tendance à capter l’oxygène, ce qui diminue la performance des organes à fonctionner en quête d’oxygène. Cette situation crée une vulnérabilité des sujets lorsqu’ils fument fréquemment. Prenons deux situations particulières, une sensible, la femme enceinte, et aussi le sportif. Lorsque vous faites du sport, vous savez que l’organe qui ravive l’oxygène c’est le cœur, le fait de fumer comme cela se voit de plus en plus dans nos stades, prive le cœur d’oxygène et augmente le risque de faire des malaises sur les pelouses.
Pour ce qui est de la femme enceinte, le tabac, augmente le risque de faire un infarctus ombilical. Donc, il n’est pas surprenant de voir, comme dernier cas, des malaises en particulier des cardiaques et cérébraux chez les fumeurs. Et nous avons bien compris que fumer est mauvais pour la santé. Ça expose au cancer, aux maladies de crises cardiaques et cérébrales.
Afrikinfo.net: Qu’est ce qui peut expliquer le refus du fumeur de mettre un terme à sa dépendance?
Dr. Ouankou Christian: Il y a un ensemble de choses qui, est constitué surtout par l’assiette psychologique des phobies des peurs. On arrête pas de fumer parce qu’on a peur de grossir, on a peur de devenir héritable (trouble de comportement), on a peur parce qu’on ne se sent pas prêt, on se dit qu’on est habitué à fumer donc on ne sait pas si c’est le moment d’arrêter. On a peur parce qu’on a déjà arrêté plusieurs fois et il n’y a pas eu de succès. On a peur parce qu’on a essayé des cigarettes légères et cela ne marche pas. Mais, il faut continuer à encourager les sujets fumeurs à arrêter pour plusieurs raisons. Déjà, parce qu’ils sont informés sur les données tels que la santé, il y a aussi des maladies pulmonaires, aussi des malaises cardio-vasculaires, des attaques cardiaques. On peut aussi enfin encourager les fumeurs à arrêter parce que fumer donne une mauvaise haleine, fumer change la couleur des dents, des doigts, fumer dispose aux infections respiratoires de façon fréquente. Fumer coute cher dans notre contexte notamment. Cela créé une dépendance et ça perturbe tout l’environnement social où on est dépendant à ce tueur silencieux.



