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Afrique- Boues de vidange: l’Association Panafricaine des Acteurs de l’Assainissement milite pour une multiplication des stations de traitement

Afrique- Boues de vidange: l’Association Panafricaine des Acteurs de l’Assainissement milite pour une multiplication des stations de traitement 

À l’occasion de la célébration de la première édition de la semaine nationale de l’assainissement et de l’hygiène au Cameroun, placée sous le thème « assainissement et hygiène : États des lieux, défis et perspectives», le constat est clair. Les stations de bouées de vidange sont la chose qui manque le moins dans les pays africains. Et pourtant, elles constituent une importance capitale pour la santé des populations. L’Association Panafricaine des Acteurs de l’assainissement mène pour ce faire le plaidoyer depuis des années déjà pour que les gouvernements africains prêtent une oreille attentive à ce secteur qui offre de nombreuses opportunités. IBRA SOW, président de cette association, profite de l’occasion pour mettre le pied sur l’accélérateur.

Les maladies hydriques et les maladies pneumoniques sont fréquentes en Afrique en générale. Entre les semaines épidémiologique (SE) 1 et 38 de 2024, un total de 156 376 cas de choléra (24 335 cas confirmés, 15 probables, 132 026 suspects) et 2628 décès (1,68%) ont été signalés par 19 pays de l’Union Africaine (UA). Les raisons sont évidentes, malgré les efforts de sensibilisation des pouvoirs publics, les populations font face à la réalité effroyable. Dans les villages, on retrouve encore des personnes qui déversent leur matières fécales à l’air libre. Des gestes contribuant à polluer la nature. Dans les grandes métropoles, la situation est encore plus grave. Les rues et les cours d’eau subissent la loi des matières fécales venues des fosses septiques et latrines des ménages. Pour cause, la culture de la vidange régulière est la chose la moins partagée dans ces villes africaines. Et quand bien même la vidange faite, ces camions la déversent dans la nature. « En Afrique sub-saharienne, la majeure partie des pays n’ont même pas de stations de traitement de bouées de vidange. Ce qui veut dire tout simplement que c’est la défécation à l’air libre. Même si vous avez une toilette, vous avez une fausse, vous n’avez pas de station pour traiter ces boues, cela revient à la défécation à l’air libre. Parce que les camions qui vont prendre ces boues, vont les déporter sauvagement dans la nature.» confie IBRA SOW à Afrikinfo.net. Malgré cette alerte, les pouvoirs publics quant à elles, peinent à montrer le chemin dans la mesure où ces derniers semblent ne pas être assez outillés sur le question. Et pourtant parmi ces pays, il y en a qui se sont démarqués et aujourd’hui sont parvenus à tirer leur épingle du jeu. Le Sénégal, est un exemple palpable à suivre. Depuis 1996, un programme de restructuration des boues de vidange a eu lieu au Sénégal. Grâce au soutien des fonds de l’AFD, 4 stations de traitement de bouées de vidange sont mises en place à Dakar. « Ces stations ont fait leurs preuves… Il a été constaté que toutes les maladies hydriques ont progressivement disparu. Il y a eu une forte baisse des maladies pneumoniques. Pas mal de fertilisants, pouvaient être faites grâce à ces bouées…» raconte IBRA SOW. Il poursuit son récit. «…. Et c’est là que les gens se sont dit, qu’il est important d’encourager la recherche pour l’utilisation et la valorisation de ces boues. La Fondation Bill et Melinda GATES s’est montrée favorable dans cette initiative. Elle a mis beaucoup d’argent pour que soit mis en place, des leviers et des systèmes de recherche permettant à ce que ces bouées soient valorisées. Aujourd’hui, au Sénégal, il y a ce qu’on appelle un omni processeur. Cette machine que les Américains ont conçu pour faire de ces boues, de l’électrolyte, une eau qu’on met dans les batteries de voitures. Ils ont fait aussi des cendres pour faire du ciment. Avec ce ciment là, ont fait des pavés. Ces pavés sont beaucoup plus solides que les pavés faites avec le ciment naturel. On fait également des fertilisants pour enrichir le sol. Au Sénégal, ça se discute comme de petits pains. Il faut déposer votre argent, une semaine avant d’être livré. Ça veut dire que la demande de ces fertilisants là, est beaucoup plus importante que l’offre. Ce qui fait que la chose marche. C’est ce que nous voulons dupliquer sur pas mal de pays…»

Avec son slogan « une ville, une station», l’Association Panafricaine des Acteurs de l’Assainissement entant mené le combat pour que tous les pays africains puissent adopter cette méthode qui a fait ses preuves au Sénégal et compte plus d’une vingtaine de stations de boues de vidange. La Côte d’Ivoire avec 14 stations construites d’un coup et le Burkina Faso suivent l’exemple malgré la patte traînée.

Il est donc plus que nécessaire de montrer le chemin. L’Association Panafricaine des Acteurs de l’Assainissement qui regroupe pratiquement plus de 25 pays, tend à rassembler 42 pays d’ici 2025. L’objectif final étant de mener le plaidoyer dans tous ces pays. Au Cameroun, le message semble passer bien que timidement. Depuis quelques années, le pays a entrepris la construction des stations de traitement de boues de vidange. Il en existe déjà une dans la ville de Yaoundé. Bientôt la ville de Douala aura la sienne. «… Il y a 15 ans, 16 ans, quand je parlais des stations de boues de vidange ici à Yaoundé, très peu savaient de quoi il s’agissait. Aujourd’hui, ils ont une station à Yaoundé. Une autre station est en construction à Douala.» Il convient de souligner que ces stations permettent la transformation de ces boues. Les produits issus sont les bio gaz, les omni processeurs, la production du gaz, la production des pavés, de l’électricité qui est le rôle essentiel de l’omni processeur. « Son job est de produire de l’électricité. Aujourd’hui, certaines stations ne dépendent plus du courant fourni par les barrages électriques. Mais du courant de l’omni processeur. Et aussi, il y a tant d’autres choses que les gens valorisent. Des briquettes de charbon, il y a aussi des boulettes de fertilisants. Vous les jetez dans votre champ, il n’y a plus de termites ni de parasites…» explique le président de l’Association Panafricaine des Acteurs de l’Assainissement.

Jonas ABENA

 

Réaction

IBRA SOW, président de l’Association Panafricaine des Acteurs de l’Assainissement

IBRA SOW, président de président de l’Association Panafricaine des Acteurs de l’Assainissement
IBRA SOW, président de l’Association Panafricaine des Acteurs de l’Assainissement

 Il y a l’ignorance. Beaucoup de pays ne savent pas les effets très positifs des stations de boues de vidange. Ils ne savent pas aussi que ces stations peuvent parer à d’éventuelles maladies. Ils ne savent pas également qu’il y a à boire et à manger dans ces stations là. Encore qu’ il faut prendre en compte toute la chaîne de valeur. À savoir, les toilettes, les fosses soient normées, les camions soient renouvelés, la mise en place des stations de traitement de boues de vidange, et enfin, valoriser ces boues. Maintenant, il y a également les moyens. Beaucoup de pays ne savent pas comment faire pour accéder au financement. Pourtant la BAD est là, ouvre ses portes et demande à ce que tout ce qu’ils ont comme financement concernant l’assainissement autonome, il ne pense pas pouvoir l’utiliser. Mais à ma grande surprise, les pays ne vont pas vers ces bailleurs pour leur demander les financements. Il y a des financements qui existent à l’AFD, à la Banque mondiale, à GIZ, à la BAD. La BAD a même promis de travailler avec nous dans le sens que de financer directement le privé sans pour autant passer par le par le public. Ce qui n’était pas dans leur politique de de développement. Etant donné que le public ne demande pas, ils seront obligés de regarder du côté des privés si ils sont intéressés pour les financements.

Propos recueillis par Jonas ABENA

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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