RDC- Projet de révision de la constitution : Voici les motivations réelles querellées de Felix Tshisekedi

RDC- Projet de révision de la constitution : Voici les motivations réelles querellées de Felix Tshisekedi
L’actuel président de la République Démocratique du Congo a annoncé, le mercredi 23 octobre à Kisangani, ses intentions de revoir la constitution de son pays. Une volonté qui ne fait l’unanimité dans une RDC en pleine ébullition.
Réélu en décembre 2023, Tshisekedi a passé une grande partie de son premier mandat à tenter de regagner sa légitimité après une élection contestée en 2018, tout en luttant pour mettre fin au conflit armé dans l’Est du pays. Un cahier de charge loin de son plan politique. De ce fait, il a critiqué à plusieurs reprises ces derniers mois la constitution actuelle, adoptée par référendum en 2006, la jugeant « dépassée ». Pour lui, cette constitution n’est pas adaptée aux réalités du pays.
Tshisekedi a également dénoncé ce qu’il décrit comme un processus décisionnel lent. En effet, selon lui, il faut souvent des mois après les élections avant qu’un gouvernement ne soit formé, et a cité les tensions entre les gouverneurs et les assemblées provinciales comme raisons de rédiger une nouvelle constitution. Il a également déclaré que la modification de la limite du mandat présidentiel était du ressort du peuple, et non du président.
Les experts affirment que Tshisekedi a le pouvoir d’appeler à un changement de la constitution, mais celui-ci devra être approuvé par 60 % du Parlement ou adopté par référendum, rapporte Reuters.
Pendant que Constant Mutamba, ministre d’État à la Justice, a soutenu le projet en plaidant pour une révision des lois en accord avec le contexte national, les groupes d’opposition ont exprimé leur inquiétude quant à cette volonté de créer une commission nationale multisectorielle pour proposer une nouvelle Constitution « adaptée aux réalités congolaises et rédigée par des Congolais ».
Pour l’opposition, la Constitution vise à « prévenir les dérives autoritaires » et à « garantir des transitions démocratiques du pouvoir », a déclaré Shadary Ramazani, porte-parole du parti de Kabila, ancien chef d’Etat congolais.
La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), par la voix de son secrétaire général, Donatien Nshole, a également exprimé son inquiétude, exhortant le président Tshisekedi à écouter les aspirations de la population et non les « conseils de ses collaborateurs ».
Des organisations de défense des droits des femmes ont également fait entendre leur voix, s’inquiétant des répercussions potentielles de cette réforme sur les droits des femmes.



