Recherche agronomique: L’héritage du Dr. Samuel Nzietchung à la jeune génération des chercheurs camerounais

Dans l’optique de recadrer la jeune génération de chercheurs scientifiques en général et agronomiques Camerounais en particulier, le Docteur Samuel Nzietchueng étale dans son dernier ouvrage, la situation de la recherche de l’agriculture vivrière depuis 50 ans. Il l’a de ce fait dédicacé, le 12 juin dernier, à Yaoundé.
« Servir d’aide mémoire pour tous les acteurs. Et à ce niveau, je crois que j’inviterai chacun des acteurs et collègues de donner le qualificatif qui lui convient. Il est question ici, de rappeler notre crédo à la jeunesse camerounaise « Avec nous, après nous, apprivoiser l’avenir par le biais d’une parfaite maitrise de la science et de la technologie. Parce que comme je l’ai illustré avec quelques diapo, des années récentes, j’ai prouvé à travers ses diapo, notamment sur la patate douce que chacun de vous consomme ; que la recherche est une activité à effet différé. Et le message que je veux véhiculer à ce niveau, c’est qu’hier, nous avons eu les moyens qu’il fallait dans les conditions moins difficiles de plus. Pour créer cette nouvelle variété, pour proposer à la société camerounaise, ses nouvelles technologies de production et aujourd’hui, c’est ça que nous exploitons. Il serait judicieux sous la base d’une connaissance existante, de cette littérature et de ce que vous avez déjà comme héritage d’aider ceux qui viennent après nous à mieux écrire le futur. ». Ainsi conclue le Docteur Samuel Nzietchueng au terme de la cérémonie de dédicace de son ouvrage.
En effet, dans son ouvrage intitulé, « Recherche agronomique et agricultures vivrières au Cameroun. 50 ans de balbutiements, de progrès et de tâtonnements (1965-2015). Cas des plantes de tubercules et racines amylacées. » ; l’auteur balade le lecteur dans les grands moments de l’évolution de la recherche agronomique au Cameroun. De ce fait, l’évolution de la recherche dans le secteur agricole au Cameroun, les politiques agricoles mis sur pied, les principales réformes et les instruments nécessaires par les duplications de dispositifs socio techniques qui ont eu un impact sur l’évolution des politiques agricoles ; meublent les lignes. Il s’agit en effet, de présenter dans les 09 chapitres repartis sur 03 grandes parties, le niveau de construction d’un environnement propice au développement socio économique avec la fin du maquis, de la création de l’Union nationale du Cameroun (UNC), de l’avènement de la république unie du Cameroun en 1972, de la création d’un ministère de l’agriculture, l’avènement du multipartisme en 1990, la planification et la coopération en recherche scientifique et la promotion de l’agriculture vivrière, la création de l’école fédérale supérieure d’agriculture devenue, Ecole nationale supérieur d’agronomie ayant formé, 800 ingénieurs agronomes entre 1965 et 1990. Ce qui permet à l’auteur de qualifier cette époque de prospère pour le secteur de la recherche. Cependant, avec l’avènement de la conjoncture économique beaucoup de choses vont changer.
Raison pour laquelle, dans l’ouvrage, l’auteur ne se retient pas pour démontrer les raisons pour lesquelles, la recherche agronomique au Cameroun aura perdu de sa valeur avec le temps. Parmi les raisons, il pointe ainsi du doigt l’Etat qui, aujourd’hui finance moins les travaux des chercheurs « Actuellement, le volume financier que l’Etat mobilise pour la recherche n’atteint pas le tiers des montants alloués avant 1990. Ces ressources ne lui permettent pas de remplir efficacement ses missions. », peut-on lire dans le huitième chapitre.
Et pourtant dans la 2ème partie, l’auteur rassure que les trois structures opérationnelles successives Irat, Iraf et Ira, mis sur pied entre 1965 et 1990 avaient rempli la charge qui leur avait été confié, ce, pendant une courte période. Le docteur Samuel Nzietchueng relève toute fois que , « de toutes les technologies améliorées, développées pendant la période fast et largement divisée, la semence sélectionnée demeure non seulement, la plus importante, mais, elle reste une innovation dont la traçabilité peut être facilement établie. »
Par ailleurs, la 3ème partie, structurée en deux chapitres, présente la recherche sur les cultures vivrières en contexte de crise, dimensionnelle et économie libérale. 1990-2015. Le chapitre 8 traite de la place de la recherche publique en contexte de crise multidimensionnelle et l’économie libérale avec le cas spécifique des cultures vivrières à l’IRAD.

Pour la numérisation des données
Au cours de sa dédicace, l’auteur, le docteur Samuel Nzietchueng profite pour s’attarder sur la relation entre la recherche et internet. En effet, tant il est vrai que la jeunesse accorde peu de temps pour la consultation des bouquins, il est aussi vrai qu’internet est devenu la référence pour les jeunes chercheurs. Malheureusement, il ne contient pas toujours toutes les données pour mieux comprendre l’évolution de la recherche scientifique et agronomique en particulier. Raison pour laquelle, le Docteur Samuel Nzietchueng insiste sur la numérisation des données. « J’insiste sur le fait que tant qu’on aura pas numérisé toutes ses publications et archivés, menacées par les dommages du temps, il y a des forts risques que nous soyons entrain de laisser la dictature du multimédia étouffée la jeune génération parce qu’en fait, quand elle n’a pas accès à une documentation sur le net qui existe, elle est amenée parfois sans le savoir à refaire ce qui avait déjà été fait. C’est l’un des objectifs », confie t-il.



