Politique

Salomon Beas critique le revirement électoral du MRC et de Maurice Kamto

Une critique interne émanant d’un ancien cadre vient interpeller la stratégie du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) à l’approche des échéances électorales locales. Salomon Beas, ancien militant du parti, a publiquement questionné la cohérence de la décision de son ancienne formation politique de participer aux prochains scrutins, un revirement par rapport à la position de boycott ferme adoptée en 2020.

Un rappel des principes de 2020

Dans une analyse diffusée sur les réseaux sociaux, Salomon Beas est revenu sur le cadre doctrinal établi par le MRC il y a six ans. À l’époque, la direction du parti, emmenée par Maurice Kamto, avait justifié le boycott des législatives et municipales de 2020 par l’absence de garanties sur l’intégrité du processus électoral. Le parti avait alors qualifié ces scrutins de « hold-up » et présenté la participation comme une collaboration avec un système jugé illégitime. Les mandats locaux étaient décrits comme des postes sans réelle influence, face à la majorité écrasante du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) à l’Assemblée nationale.

Un changement de cap stratégique

La position actuelle du MRC, qui prépare sa participation aux prochaines élections locales, constitue selon l’ancien militant une rupture avec ces engagements passés. Salomon Beas souligne que les conditions dénoncées en 2020, notamment la prééminence du parti au pouvoir et les questions sur la transparence du système, n’ont, selon lui, pas connu d’évolution fondamentale. Ce retournement est perçu comme une incohérence majeure, susceptible d’être interprétée comme un renoncement aux principes qui fondaient alors l’action du parti.

L’analyse évoque également le contexte de l’élection présidentielle de 2025, marquée par des tensions post-électorales et la déclaration de victoire controversée du candidat Issa Tchiroma, suivie de son départ du pays. Salomon Beas relève que le MRC et sa frange la plus radicale, les « KOR » (Kamto Ou Rien), estiment ne pas être concernés par un éventuel boycott que pourrait décréter Issa Tchiroma pour les locales. Cette distinction opérée par le parti est au cœur de la critique, qui y voit une forme de sélectivité dans l’application des principes de contestation du système électoral.

En conclusion, la tribune de Salomon Beas pose une question de fond sur la stratégie des partis d’opposition face à des institutions électorales qu’ils contestent. Elle interroge la ligne de conduite entre la protestation extra-institutionnelle et la participation dans le but de réformer le système de l’intérieur, un dilemme classique mais renouvelé dans le paysage politique camerounais.

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