Shanda Tonme alerte sur les risques politiques de l’affaire SGS

L’affaire liant le Port de Douala et la société SGS dépasse le cadre d’un simple différend économique pour toucher aux fondements de la stabilité nationale, selon une analyse politique récente. Shanda Tonme, président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI) et du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR), a lancé un sérieux avertissement quant aux implications de ce dossier.
Un enjeu de cohésion nationale
Dans une déclaration rendue publique, le médiateur a qualifié cette affaire de « grenade politique », susceptible de rompre des équilibres institutionnels établis de longue date. Il a insisté sur le fait que les décisions prises dans ce cadre ne devraient pas être perçues comme de simples questions techniques ou commerciales, mais comme des actes engageant l’avenir de la nation toute entière.
L’analyse souligne que, depuis la période post-indépendance, le Cameroun a construit son édifice politique sur des consensus subtils entre ses différentes composantes régionales et culturelles. Toute nomination ou décision majeure, selon cette perspective, doit intégrer une conscience aiguë de la diversité nationale pour préserver la paix civile.
La responsabilité des acteurs institutionnels
Shanda Tonme a rappelé que chaque fonction publique, particulièrement au plus haut niveau de l’État, revêt une dimension symbolique qui dépasse les compétences techniques. Certains postes gouvernementaux, a-t-il expliqué, représentent des « symboles intouchables » essentiels au maintien de la cohésion nationale, agissant comme « la colle » qui unit les différentes composantes du pays.
Le médiateur a mis en garde contre toute approche qui marginaliserait ou banaliserait certaines sensibilités régionales, qualifiant une telle attitude de « jouer avec le feu ». Il a explicitement mentionné plusieurs villes majeures – Bamenda, Buea, Bafoussam, Ebolowa, Bertoua, Maroua, Douala, Garoua et Ngaoundéré – pour illustrer la nécessité d’une représentation équilibrée dans la gouvernance nationale.
Cette position s’inscrit dans un contexte où la gestion des diversités ethniques et régionales reste un paramètre central de la stabilité politique camerounaise. L’appel à la prudence vise explicitement les décideurs qui pourraient privilégier des considérations économiques ou personnelles au détriment de ces équilibres historiques.
La déclaration se conclut par un plaidoyer pour le renforcement des « intelligences du partage » et une responsabilisation collective des acteurs politiques, considérés comme garants du « vivre ensemble » national.



