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 Gaëlle Déborah Enganamouit : « Je vais m’appliquer(…) »

Dans un entretien exclusif accordé à une consœur de la télévision nationale camerounaise, l’attaquante des lionnes indomptables, Gaëlle Déborah Enganamouit parle de son fameux penalty manqué. C’était  lors des tirs aux buts de la demi-finale Cameroun – Nigéria de la CAN Ghana 2018. La ballon d’Or Africain 2015 évoque son projet portant sur la création de l’Académie de football féminin. Toutefois, la native du quartier Elig Edzoa « Rail »  évoque son départ pour un autre club dont le nom n’a pas été révélé par elle. D’autres révélations fracassantes sont à lire.

Un mot sur ce penalty manqué de la Can, quand vous y pensez c’est comme un mauvais souvenir qui est passé. Vous en riez ou alors ce jour qu’est-ce qui s’est passé dans votre tête ?

Gaëlle Déborah Enganamouit : Non je vais jamais rigoler pour ce penalty parce qu’une joueuse comme moi, je ne prends pas le ballon pour aller rater le penalty. Mais c’est arrivé. Je pense que le Seigneur sait pourquoi c’est arrivé. Et, il faut toujours trébucher pour mieux se relever et aujourd’hui j’ai pris ça comme une bonne leçon et cette leçon me demande de bosser davantage. Aujourd’hui c’est le passé ce penalty. Mais je rassure si demain il y’a un autre penalty je vais prendre et je vais tirer, parce que je sais que je suis une bonne joueuse de penalty. C’est arrivé et on a vu des grands joueurs qui ont raté des penaltys. Ce n’est pas pour une excuse mais je vais m’appliquer davantage pour mieux faire.

Qu’en est-il avec la suite de votre carrière ? Vous restez en Avaldsnes IL FC de Norvège. Est-ce que d’autres clubs vous ont sollicité après cette Can au Ghana ?

Gaëlle Déborah Enganamouit : Je suis en discussion très avancée avec un autre club, qui sollicite mes services. Et, ils m’ont proposé le projet et nous sommes en train de voir avec mes agents. (…) voir comment établir le contrat dans quelques jours à venir. Et, je sais que cette nouvelle année ne va pas être facile, c’est pour ça qu’il faut se fixer des objectifs un peu plus clair. Il y’a beaucoup en attente et je souhaite être dans les meilleures conditions pour répondre ces attentes.

La coupe du Monde deuxième participation,

Gaëlle Déborah Enganamouit : Déjà je suis très contente et je vais féliciter le Cameroun, toutes les joueuses qui ont participé à cette qualification de coupe du monde. C’est la deuxième coupe du monde que le Cameroun participe et je pense que c’est une très bonne chose pour notre pays et pour le développement du foot. Mais maintenant il ne suffit pas de participer. Nous allons bosser dur parce que la dernière coupe du monde nous avons fait une bonne figure. Et, je sais que aujourd’hui tout le monde attend plus le Cameroun. Quel qu’en soit le pays, on sait qu’il y’a un pays en Afrique qui a dépassé le premier tour à la dernière coupe du monde.

Alors c’est pour ça que j’implore les autorités, la fédération camerounaise de mettre les moyens en jeu. De nous offrir une très bonne préparation et avoir des matchs qui vont nous permettre de bien nous évaluer. Je pense que nous sommes des actrices sur le terrain et il faut bien que le gouvernement et la fédération fassent leur travail en nous donnant une bonne préparation. Parce que les gens qui sont à la maison, ils ne voient pas que peut-être nous n’avons pas une bonne préparation, ils voient juste qu’on fait des mauvais résultats. Il faut savoir que les bons résultats viennent des bonnes préparations. Donc je ne peux que dire si nous avons une bonne préparation, nous allons faire bonne figure.

Alors au final l’académie a été lancée, comment vous sentez en ce moment. Vous êtes fière quand vous regardez dans le rétroviseur, qu’est-ce qui est dans votre esprit ?

Gaëlle Déborah Enganamouit : Déjà je suis très contente que le rêve d’un enfant s’est réalisé. Le fait que l’académie a été lancée le 5 janvier  dernier. Ça m’a un peu apaisé parce que c’est encore le début d’une très longue aventure. Vois mes jeunes sœurs qui sont venues à la détection, ça m’a encore donné plus la force et le courage de bosser plus davantage. Alors je suis très contente. Je tiens à remercier tout ceux qui travaillent avec moi de près ou de loin(…). Je pense que nous ne pouvons pas nous arrêter sur ce beau chemin. Nous devons encore doubler les efforts pour rendre ses enfants heureux et avoir des bonnes championnes demain qui vont défendre les couleurs du Cameroun.

les lionnes indompatbles donnent quelques cours aux futurs footballeuses
Gaëlle Déborah Enganamouit avec ses coéquipières de l’équipe nationale pendant la détection

Il y’a combien d’enfants au total. Est-ce que le nombre vous a surpris lors de cette première détection ?

Gaëlle Déborah Enganamouit : Oui! J’ai été agréablement surprise par le fait de voir près de quatre-vingt enfants et je me suis dit waouh. Il y’a tellement qui veulent exercer dans le foot. Et voilà elles ont eu l’opportunité de venir. Déjà je vais vous dire c’est juste une première détection au niveau de Yaoundé. Nous allons faire d’autres détections dans les dix régions. Je pense que nous aurons plus que ça. J’appelle tous les parents, toutes mes jeunes sœurs qui veulent jouer au football. Voici l’occasion de vous exprimer et de venir à l’académie pour avoir une bonne formation de football.

 Gaëlle Déborah Enganamouit : « Je vais m’appliquer(...) » 1
les futurs pensionnaires de l’Académie de la Fondation de l’Enfant des Rails en exercice

Il faut bien qu’après nous ayons un collectif arrêté. Nous allons scinder des catégories et nous allons avoir 18 enfants par catégories. Donc j’appelle toutes mes jeunes sœurs de venir démontrer leurs talents. Démontrer comment elles savent jouer au foot et venir à l’académie l’Enfant des Rails parce que, c’est notre sœur, notre petite-sœur, notre grande-sœur qui veut du bien pour vous. Moi je vous appelle de venir à l’Enfant des Rails  avoir une bonne formation avec des encadreurs agrées.

Ce sera payant ou gratuit?

Gaëlle Déborah Enganamouit : Non! l’Académie l’Enfant des Rails est gratuite. Là nous allons juste sélectionner nos joueuses qui vont intégrer la fondation. Elles auront tout le matériel. Elles vont avoir tout le nécessaire pour qu’elles viennent juste s’entraîner et bien s’entraîner et le reste ça nous regarde. C’est l’Académie qui s’en charge.

Après la première détection, on vous a vu à Dakar.

Gaëlle Déborah Enganamouit : J’ai été invitée par la CAF pour venir en tant légende du football. Je suis déjà contente parce que si la Confédération Africaine de Football reconnait au moins les efforts que nous faisons pour le foot féminin. Parce qu’après tout ce n’est pas que le foot masculin. J’ai vu des grands légendes à Dakar tels que Samuel Eto’o, Didier Drogba. Si aujourd’hui on peut nous mettre dans ce même rang, c’est déjà une bonne chose. Ça veut dire que le foot féminin prend un autre envol et ça ne doit pas s’arrêter là, ça doit toujours continuer. Et, pour cela, je suis contente parce que nous essayons de hisser le drapeau du Cameroun au plus loin où nous allons.

On vous a vu à côté du Président de la FIFA  Gianni Infantino.

Gaëlle Déborah Enganamouit : C’est un grand honneur pour moi de rencontre le président de la FIFA. Et, j’ai essayé de placer deux mots avec lui, et c’était cool ; il est très sympa. Et, moi je dis, nous avons besoin des gens comme ça pour le foot parce qu’ils ont l’oreille à l’écoute de tout le monde. C’est toujours un plaisir d’être parmi les grands et ça me motive davantage de bosser plus dur pour être plus meilleur dans l’avenir.

Le Cameroun n’a rien reçu dans ces Awards comment expliquer cela?

Gaëlle Déborah Enganamouit : Oui! C’est une déception parce que le Cameroun est l’un des meilleurs pays en Afrique en matière de football. C’est vrai que cette année, nous n’avons  pas fait très bonne figure. Mais, assister aux Awards sans qu’on ne prononce le nom Cameroun sans nous donne plus la rage. Et, ça nous booste plus de travailler plus dur pour que les prochaines échéances nous puissions être devant. C’est pour ça que je vais toujours appeler mes coéquipières. Et, les encadreurs de se donner à fond pour que nous puissions bien représenter le Cameroun(…)

Pendant vos vacances, qu’est-ce que vous aviez faite en général ?

Gaëlle Déborah Enganamouit : Pendant ces vacances je profite au maximum de ma famille et je profite aussi pour être avec mes frères et ma grande famille des rails. Vous avez constaté qu’on a pu faire un tournoi avec la fondation, qui a duré deux semaines. Et, je pense que les populations de Rail ont été contentes pour la fête qui, a été belle de leurs maisons, qui est aussi ma maison. Je suis là, je profite  au maximum avec eux. Parce qu’avant tout je passe onze mois dehors. Et, ce mois (décembre…Ndlr) je dis  je profite au maximum. Et, là je me prépare déjà pour voir comment rentrer en club.

Ils vont vous marquer?

Gaëlle Déborah Enganamouit : Bien sûr qu’ils vont me manquer. Mais nous sommes toujours comme on dit « Loin des yeux près du cœur » il y’a le téléphone, nous sommes en ligne peu importe la distance. Nous sommes toujours en contact parce que la bénédiction de la famille, il n’y a pas mieux.

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