Aristide Mono analyse l’unité du mouvement pour l’alternance au Cameroun

Dans une analyse récente, le chercheur Aristide Mono s’est intéressé à la nature du mouvement d’opposition au Cameroun, rejetant l’idée d’une division profonde entre les soutiens des différentes figures contestataires. Selon lui, il existe un socle commun d’électeurs et d’acteurs civils dont la motivation première est la fin du régime en place, bien avant l’identité de son successeur.
Un objectif unique : l’alternance
Le politologue distingue clairement les militants attachés à un leader ou un parti spécifique d’une base plus large, qu’il nomme le « peuple du changement ». Cette dernière catégorie serait animée par une volonté pragmatique de voir se produire une alternance politique, quel qu’en soit le vecteur. Son analyse s’appuie sur le suivi du processus électoral de 2025, depuis les inscriptions jusqu’à la gestion des contentieux post-électoraux.
Il souligne que les individus ayant soutenu la candidature d’Issa Tchiroma Bakary lors du dernier scrutin présidentiel sont, dans leur grande majorité, les mêmes qui se seraient mobilisés derrière Maurice Kamto si ce dernier avait pu se présenter. Cette convergence s’étendrait aux scrutateurs, aux leaders de la société civile et aux avocats engagés dans la défense des victimes d’éventuels abus électoraux.
Un pragmatisme électoral
L’argument central de l’analyste est que ce mouvement est prêt à soutenir toute personnalité politique apparaissant comme l’option la plus viable pour battre le président sortant. Cette logique, purement stratégique, ferait du départ de l’actuel chef de l’État une condition préalable à toute autre considération politique ou programmatique.
Cette vision met en lumière la lassitude d’une partie de la population face à la longévité du pouvoir en place, perçu comme le pilier central d’un système considéré comme stagnant. Pour Mono, la pérennité du régime tiendrait moins à ses réalisations qu’au poids symbolique de la figure présidentielle, instrumentalisée selon lui pour justifier diverses actions.
Au-delà de la sphère numérique
Le chercheur met également en garde contre une surinterprétation des dynamiques politiques à travers le seul prisme des réseaux sociaux. Il rappelle la diversité démographique, ethnique et géographique du Cameroun, où seule une fraction de la population est active en ligne. La réalité des engagements et des frustrations sur le terrain serait ainsi plus complexe et nuancée que ne le laissent paraître les débats numériques.
En conclusion, cette analyse propose une lecture de l’opposition camerounaise centrée sur un objectif fédérateur plutôt que sur les clivages entre ses figures de proue. Elle décrit un électorat dont la priorité absolue est l’alternance, une motivation qui transcenderait les affiliations partisanes traditionnelles pour se cristalliser autour de l’opportunité politique perçue comme la plus efficace.



