Tribune – Jean Brice Ozouf Mvondo: « Le Coronavirus a ralenti cette escroquerie intellectuelle qu’est la religion en Afrique »

Dans une réflexion sur la possibilité des États africains de sortir de cette crise sanitaire que vit le monde, Jean Brice Ozouf Mvondo , analyste risque des entreprises et banquier , parle à ses frères africains , après une évaluation de la situation. Pour lui c’est le moment de tourner le dos à ce capitalisme sauvage dont Covid 19 est l’héritier.
Toute l’intégration de son analyse
COVID19 : CRISE SANITAIRE, CRISES OU CRISE ? LA REPONSE VENANT DE LA FORET A TRAVERS LA CULTURE FANG-BETI
La crise ce mot qui peut être transposé dans divers domaine comme la santé, les sciences humaines, la politique, l’économie, la finance, la gestion, la démographie, écologique et environnementale
Dans ce contexte, doit-on analyser la crise du COVID19 comme uniquement sanitaire ?
Sa comptabilité morbide n’est-elle pas équivalente aux normes IFRS ?
Ou plutôt le virus n’est-il pas la forme la plus aboutie de l’immoralité : d’un capitalisme sauvage, mondialisé, cynique et inhumain ?
COVID19 HERITIER CYNIQUE DU CAPITALISME SAUVAGE
Sur le plan économique l’expansion du virus doit être vu comme un modèle de développement du capitalisme à l’occidental, imposé comme un idéal triomphant
Sur le plan du développement du business modèle, le COVID maitrise bien sa com, en quelques mois, il dompté les monstres de l’économie du virtuel en squattant youtub, Twitter, Facebook…
Astucieux, il fait des économies en publicité en s’installant dans les spots, les journaux… (comme quoi sans un sous on peut se faire place à coté de coca cola, Mac DO. BNP PARIBAS et autre)
Intelligent il anticipe son futur en soignant son image auprès de sa cible de clientèle qui est la jeunesse (ses meilleurs ambassadeurs pour perpétuer sa légende) et pour ce faire Il soigne leur pouvoir d’achat en exterminant les parents (Il a tout compris au capitalisme sauvage le gamin).
Est-ce un exemple à suivre pour les pays dit pauvres ? Quel enseignement pour l’Afrique ? Si nous partons sur le principe que la nature se résume à un jour on nait, un autre on grandit et un autre on meurt, la comptabilité morbide du COVID19 n’est pas un mal pour l’Afrique.
Le COVID19 et l’ESSANI même objectif
L’ESANI, à l’origine une danse guerrière (M Macron a parlé de guerre), une danse rituelle pour célébrer les héros morts au combat puis pour célébrer ceux qui ont mérité par leurs actions dans la vie d’un tel honneur mais qui va rendre cet hommage ?
En effet Alors que d’habitude, pour l’abbé MVIENA les jeunes se griment de terre rouge (Kaolin) couleur de la guerre et du sang, ils empoignent des glaives et des sagaies et d’un bout à l’autre du village, ils miment en dansant, des gestes triomphants, des séquences victorieuses d’un combat imaginaire le tout dans une chorégraphie bien exécutée.
Alors que les youyous des femmes (Les femmes qui n’allaient pas au combat en étaient exclues cela explique-t-il leur faible taux de décès ?) fusent de la foule.
Cette foule qui regarde de jeunes musclés rendre un hommage mérité à l’ancien aux sons des tam-tams et des tambours en un rythme enveloppé, sourd, lugubre mais chaloupé et jamais tonitruant.
Alors que Les initiés qui ont la connaissance du langage de tam- tams perçoivent les messages envoyés aux mânes des ancêtres pour venir accueillir l’un des leurs.
Avec le confinement, de la distanciation sociale, le COVID19 rappelle à l’ancienne génération qu’elle a manqué l’histoire, qu’elle ne mérite pas d’hommage.
Si votre héritage est Le chômage (qui frappe surtout les jeunes et les femme), la destruction de la nature, la discrimination, la guerre, la haine, l’égoïsme, la corruption, le népotisme, l’injustice, l’exclusion…
Alors pourquoi gambader, sautiller, exulter, danser de joie ?
Certes si L’ESSANI est une pantomime guerrière, une danse de triomphe pour célébrer les héros, les fondateurs de grandes familles ou dynasties…
Certes en Afrique un vieux qui meurt, est comme une bibliothèque qui brule mais aujourd’hui le coronavirus tout comme les jeunes veulent justement que cette bibliothèque brule.
Le COVID19 est un allié de circonstance pour ces jeunes qui n’auraient jamais hérité sans son concours au regard de la gérontocratie caché sous le label de la démocratie allié de la dictature du capital financier.
Les veuves nombreuses, éplorées mais joyeuses aujourd’hui remercie aussi le COVID19 au nom de tous les orphelins du grand capital.
Il n’est pas trop tard pour agir en faveur de ces couches défavorisées mais bon le business de la fausse générosité a le vent en poupe.
Un autre bon coté des choses si « les cloches sonnent dans les églises pour que les pauvres viennent prier », le coronavirus a ralenti cette escroquerie intellectuelle qu’est la religion en Afrique.
Qu’en est-il des bars ? Enfin les enfants peuvent dormir tranquillement, réviser sereinement le soir, ils peuvent avoir leurs parents le soir à la maison.
Pourvu que cela survive au coronavirus car nous avons d’un autre modèle social pour développer l’Afrique, libérer les énergies…
Jean Brice OZOUF MVONDO



