ACHILLE MBEMBE : L’africain extraverti, le Camerounais déformé

ACHILLE MBEMBE : L’africain extraverti, le Camerounais déformé
Par Simon NTONGA, Internationaliste
Comme j’aimerais tant juger les gens de cette nature pour intelligence avec l’ennemi. Mais je ne suis pas juge ; je peux être avocat comme tout le monde le peut sans besoin d’appartenir au Barreau, mais cela ne me permettra que d’avoir en face, un juge dont l’instant me rend jaloux de son siège. A coup sûr, pour punir ces africains extravertis, non pas que ce soit mauvais, mais des africains extravertis qui sèment la mauvaise graine.
Qu’est-ce que cette grosse blague qui foule au pied toute élégance diplomatique et qui scelle un mariage vaniteux avec l’espièglerie humaine ? C’est quoi ce Sommet France-Afrique aux enluminures d’un cirque de Louis XIV ?
Achille Mbembe, certes un brillant universitaire, une grande figure de la littérature camerounaise, africaine et mondiale, un noble enseignant d’université, mais une piètre figure de l’histoire si tant il est possible de le loger dans la classe des acteurs de la grande société africaine plus que dans celle de la société française et occidentale.
Sinon, comment comprendre qu’un théoricien du post colonialisme qui puis serait encore africain dans l’esprit et dans l’âme, conscient des ravages de cette réalité historique sur nos peuples, nos cultures et sur le statut de nos Etats d’Afrique noire aujourd’hui, puisse justifier la moindre force à orchestrer des rencontres aussi humiliantes et aussi dangereuses pour les sociétés qui veulent se libérer de la cage du colonialisme ?
Humiliante …
Parce qu’un chef d’état d’un pays qui vit grâce aux ressources des pays convoqués, décide au défi des règles diplomatiques de faire de ses pairs d’Afrique, des observateurs ridicules des échanges qu’il mène avec leurs populations. Ceci a la conséquence de briser la connexion institutionnelle classique préexistante entre ces Etats d’Afrique Francophone et la France, et de faire de la société civile le sujet majeur de droit international officiel contrairement aux dispositions de l’article 15, paragraphe 8, du pacte de la Société des Nations, d’ailleurs bien relayé par l’article 2, paragraphe 7, de la Charte des Nations Unies, qui reconnait jusqu’ici l’Etat comme sujet premier, du fait de la souveraineté dont il jouit, de droit international public. Les Gouvernements donc y faisant foi.
C’est par ailleurs, le mépris exprimé du leadership et de l’élite dirigeante des pays qui sont engagés dans cette relation multilatérale de la France-Afrique. Et vous voulez savoir qui y prend activement part ? Achille Mbembe, théoricien du post colonialisme sensé réfléchir sur comment ramer à contre-courant de ce qui est proposé et qui vise une recolonisation par des moyens modernes du continent.
Dangereux …
Pourquoi cette démarche est extrêmement dangereuse au moment même où les pôles majeurs de stabilité et d’inspiration de la paix et de la sérénité souveraine des Etats sont en crise sécuritaire (le Camerounais étant le model par excellence). Il faut simplement comprendre que cette communication verbale et non verbale tend à fragiliser les institutions républicaines pour donner pignon sur rue à la masse.
Ce peuple qui comme dans un cirque de vente d’esclaves est amené à dialoguer au nom des Etats sans être mandatés par leurs gouvernements vont y trouver des énergies pour légitimer des contestations publiques sur la base des simples perceptions et les humeurs des acteurs qui sont loin de savoir ce que représente le pouvoir d’un Etat et la mobilisation de sa puissance à l’internationale.
Cette même démarche va contribuer à éloigner nos sociétés civiles des forces gouvernantes au point de créer un point d’impact dont l’objectif est d’instaurer le chaos. C’est dangereux. Faut juste voire comment les partis dit d’opposition (un terme qui me répugne) exaltent ledit Sommet et déifient Achille Mbembe. C’est cette même sentine que recherchent ces acteurs politiques à la recherche d’une visibilité internationale et qui prétendent, dans les couloirs de la conspiration loin de l’Afrique, vouloir tout donner pour des meilleures conditions de vie.
Le constat…
Oui le constat est facile à faire. Certains politiques africains de nos jours, au nom de leur détestation des pouvoirs en place dans leurs pays respectifs, sont prêts à comploter avec l’ennemi par excellence quite à sacrifier l’avenir et la vie des générations à venir.
Nous croyions depuis, que c’est l’Afrique qu’il faut protéger des profiteurs. Nous croyions également que tous les intellectuels allaient y mettre du leur, pour construire des remparts pour lutter contre cette nouvelle invasion plus que dévorante. Malheureusement, ce sont des consciences achetées, qui ont décidé, comme au tout début de l’esclavage, de chasser le noir pour le livrer au colon. C’est ce que fait Achille Mbembe et compagnie à travers ce nouveau format des Sommets France-Afrique où, où nous allons montrer la blancheur de nos dents pour quelques photos de vernissage international.
Heureusement qu’en Afrique nous apprenons d’une sagesse vulgaire que : « Si tu te retrouves deux fois de suite devant le même arbre dans une forêt, tu t’es égaré ».



