Alice Nkom justifie le boycott électoral du FSNC comme un acte de résistance

La décision du Front pour le Salut national du Cameroun (FSNC), dirigé par Issa Tchiroma, de boycotter les prochaines élections législatives et municipales continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. L’avocate et figure de la société civile Alice Nkom est revenue sur les motivations de ce choix stratégique, qu’elle présente comme une position éthique et un acte de résistance.
Une participation jugée complice d’une illégitimité
Dans une prise de position publique, Me Alice Nkom a détaillé les arguments justifiant l’absence du FSNC dans la prochaine compétition électorale. Selon elle, participer à un processus qu’elle qualifie de factice reviendrait à légitimer une fraude et à normaliser une situation politique anormale. Cette participation équivaudrait, pour le corps électoral, à collaborer avec un système dont la crédibilité est profondément remise en cause.
L’avocate associe cette position à la contestation des résultats de l’élection présidentielle d’octobre 2025, lors de laquelle le FSNC revendique la victoire de son leader. Elle estime donc que les scrutins à venir s’inscrivent dans la continuité d’une architecture institutionnelle dont les fondements sont, à ses yeux, illégitimes.
Le boycott présenté comme une action constructive
Face à l’idée que le retrait du jeu électoral serait synonyme d’inaction, Alice Nkom oppose le concept d’une « présence active ». Elle appelle à transformer ce refus en levier pour construire un contre-pouvoir citoyen en dehors des institutions officielles. La stratégie qu’elle préconise inclut la documentation des irrégularités, l’éducation civique fondée sur une lecture stricte de la Constitution et l’organisation de la société au niveau local.
Cette approche vise à occuper l’espace politique par d’autres moyens, en investissant le terrain des associations et de la mobilisation de proximité. Il s’agit, selon ses termes, de refuser de prendre part à une « mascarade » tout en restant pleinement engagé dans la défense de l’intérêt public. La décision du FSNC est ainsi présentée non pas comme un désengagement, mais comme un changement de méthode pour préserver l’intégrité de l’action politique.
Cette prise de position intervient dans un contexte où la crédibilité du calendrier et des processus électoraux au Cameroun fait régulièrement l’objet de vifs débats parmi les acteurs politiques et les observateurs internationaux.



