Atteintes aux libertés fondamentales : NDH- Cameroun monte au créneau

En vue de renforcer la défense et la protection des libertés fondamentales au Cameroun, l’ONG Nouveaux Droits de l’Homme que dirige Cyrille Rolande Bechon a organisé un forum dialogue sur les libertés publiques le 28 février dernier au centre Norbert Kenne de Yaoundé.
La principale recommandation de ce festin juridique sur les libertés publiques est la répression des autorités administratives, auteurs des atteintes aux libertés fondamentales pour favoriser une meilleure expression de celles-ci par les citoyens. Une tâche d’emblée compliquée, quand on sait que peu de camerounais ont recours aux juridictions pour revendiquer leurs droits et encore moins saisissent les organisations de défense des droits de l’homme . Selon le récent rapport de NDH- Cameroun de 2019 en la matière, seulement 13,1% des victimes des violations de droits de l’homme ont saisis la justice et aucune les organisations de défense des droits de l’homme. Concernant les réunions publiques 52% des déclarations sont interdites , tandis que 84 % de manifestations publiques déclarées sont interdites selon ce même rapport. Une situation qui préoccupe les organisations de la société civile, en particulier NDH Cameroun. C’est dans cette optique que cette ONG a organisé un forum dialogue afin d’aider les acteurs non seulement à comprendre le cadre légal national et international des libertés publiques, mais également pour leur donner les outils pour agir et interagir pour une meilleure expression des libertés fondamentales.
La leçon inaugurale du Pr Rolande Watcho sur l’arsenal juridique sur la question des libertés fondamentales, axée sur « la répression des atteintes aux libertés fondamentales au Cameroun » a planté le décor de ces assises. Dans son brillant exposé , l’universitaire de renom a appuyé son intervention sur la jurisprudence du Journal Germinal et « l’arbre à palabre», annulant la décision d’interdiction des réunions publiques des sous – préfets de Yaoundé 1er et 2e . Dans son arrêt du 18 février 2020 au tribunal du centre administratif de Yaoundé , le juge administratif a condamné les autorités administratives coupables d’abus . Une jurisprudence qui devrait contribuer à l’expression effective des libertés publiques au Cameroun. Mais surtout inciter les citoyens à faire recours à la justice en cas d’abus de pouvoir d’une autorité administrative. Toutefois , ce banquet intellectuel a permis également aux participants de mieux connaître les textes et lois national et internationale qui encadrent l’exercice des libertés fondamentales. D’autres sujets comme : l’état des lieux des libertés publiques au Cameroun ; cadre juridique des libertés publiques au Cameroun : réalités, pratique et défis et pratique des libertés de réunions et manifestation : le législateur , l’autorité administrative et le juge cas pratique de la jurisprudence Germinal ont meublé les échanges. Avec comme instrument le guide intitulé : « les libertés publiques au Cameroun : Guide pratiques sur la protection des libertés publiques au Cameroun » .
Au travers des travaux en plénière et en laboratoire, des experts de haut volts , des universitaires, des leaders d’associations , religieux , réunis autour de 40 participants ont pu écumer la question des libertés publiques au Cameroun pour en apporter les solutions , devant protéger les citoyens contre les abus et le respect des droits de ceux-ci. Les travaux se sont refermés avec des recommandations pertinentes et la mise en place du collectif sur les libertés publiques.



