Cameroun – Amélioration du système éducatif : Le CEFAN plaide pour une augmentation du budget
Cameroun - Amélioration du système éducatif : Le CEFAN plaide pour une augmentation du budget

Cameroun – Amélioration du système éducatif : Le CEFAN plaide pour une augmentation du budget
C’est entre autre l’une des revendications posées par la Cameroon Education For All Network (CEFAN), il y a quelques jours en présence des partis politiques qui portent les différents candidats en lice pour le scrutin du 12 octobre prochain.
Lorsque les enseignants, de plus en plus nombreux à faire entendre leurs préoccupations, demandent de meilleures conditions de travail et une revalorisation de leurs salaires, les réformes mises en œuvre par le ministère de l’Éducation de Base (MINEDUB) et le ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC) ne suffisent pas. Les revendications demeurent pressantes, et les grèves se multiplient. De surcroît, le financement de l’éducation au Cameroun peine à respecter les normes internationales. En 2025, le budget attribué au ministère de l’Éducation de base atteint environ 313,6 milliards de FCFA, soit près de 3,3 % du PIB national en 2022. D’autre part, le ministère des Enseignements secondaires a bénéficié du budget le plus conséquent en 2024, avec 556,7 milliards de FCFA. Des organismes internationaux, tels que l’UNESCO, mobilisent également des ressources, comme les 44,5 millions de dollars prévus pour 2024, afin de moderniser les programmes scolaires et de former des acteurs de l’éducation. Selon l’Institut national de la statistique (INS), durant la période 2019-2022, la part globale du secteur dans le budget national (hors dette) a connu une hausse, passant de 18,74 % en 2019 à 19,43 % en 2021, mais a enregistré une baisse de 1,16 % en 2022 (18,27 %). Cette allocation se situe donc légèrement en dessous des 20 % recommandés par les partenaires techniques internationaux du secteur éducatif, ce qui pose un problème.
À l’approche de la Journée Mondiale des Enseignants, célébrée le 5 octobre, et en pleine période électorale, la CEFAN a organisé une conférence de plaidoyer à Yaoundé pour promouvoir une éducation de qualité au Cameroun. Les candidats à l’élection présidentielle de 2025 ont été invités à partager leurs visions pour l’éducation. Bien que certains partis aient repondus à l’appel, l’absence très remarquée du parti au pouvoir a fait jaser en créant un vide dans ce débat.
La Cameroon Education For All Network (CEFAN), qui aspire à un leader capable de transformer le secteur éducatif, est une coalition d’organisations de la société civile fondée en octobre 2005, dédiée à défendre le droit à l’éducation pour tous les Camerounais. Elle demande des mesures significatives, telles qu’une augmentation substantielle du budget éducatif, la gratuité de l’enseignement préscolaire, ainsi que des initiatives spécifiques pour assurer l’accès à l’éducation des groupes les plus fragiles, notamment les personnes handicapées, les déplacés internes, les minorités autochtones, les réfugiés, les enfants de la rue et ceux issus des zones rurales.
Emmanuel Thobie Mbassi, secrétaire de l’organisation, a affirmé : « Nous recommandons que 20 à 22 % du budget national et 6 % du PIB soient consacrés à l’éducation. De plus, la gratuité de l’éducation devrait commencer dès le préscolaire et s’étendre jusqu’à la fin du premier cycle secondaire, conformément à l’Objectif de Développement Durable 4 (ODD 4). Cela permettrait d’éliminer les obstacles financiers qui empêchent de nombreux enfants d’accéder à l’éducation. »
Il est impératif de tenir compte des besoins des enfants vulnérables, en particulier ceux en situation de handicap, les réfugiés et les déplacés internes. La CEFAN regrette que ces enfants soient souvent laissés à eux-mêmes en période de crise et souligne que les organisations internationales doivent intervenir pour les soutenir. Il est donc crucial de mettre en place des mesures pour protéger et éduquer ces enfants, qui constituent les plus vulnérables.
Sur le plan africain, la CEFAN est membre de la plateforme régionale Africa Network Campaign on Education For All (ANCEFA). À l’échelle mondiale, elle fait également partie de la Campagne mondiale pour l’éducation (CME), de la Concertation collective des ONG (CCONG) de l’UNESCO et du Réseau francophone des OSC pour la lutte contre la marchandisation de l’éducation. Cela met en lumière la nécessité de repenser la profession enseignante comme un espace de collaboration. Ainsi, les politiques, pratiques et environnements d’apprentissage doivent promouvoir l’entraide, le partage de connaissances et la coresponsabilité. Cette approche est essentielle pour améliorer la qualité de l’enseignement et favoriser l’épanouissement professionnel des enseignants. Le thème de cette année, « Redéfinir l’enseignement comme une profession de collaboration », résonne donc avec force dans ce plaidoyer.
Jonas Abena



