Politique

Dominique Fousse dénonce la montée du tribalisme au Cameroun

Dans une prise de position publique, Me Dominique Fousse, avocate et militante des droits de l’homme, a exprimé une vive inquiétude face à la recrudescence des tensions identitaires au Cameroun. Selon elle, ce phénomène constitue désormais un défi majeur pour la cohésion nationale.

Le constat d’une société fragmentée

Me Fousse, d’origine antillaise et installée au Cameroun depuis plusieurs décennies, dresse un portrait contrasté de l’évolution sociale du pays. Elle évoque une période, dans les années 1980, où les différences culturelles coexistaient sans générer de divisions aussi marquées qu’aujourd’hui. Son expérience personnelle – ayant épousé un Camerounais originaire du Littoral et vécu dans un environnement social ouvert – l’amène à constater une dégradation du vivre-ensemble.

Elle observe que les appartenances ethniques tendent désormais à primer sur d’autres critères, comme la compétence ou l’intégrité, dans le débat public et les relations sociales. Cette dynamique, selon elle, mine les fondements d’une société apaisée et productive.

Les conséquences d’un fléau social

L’avocate identifie plusieurs impacts négatifs de ce qu’elle qualifie de tribalisme. Elle souligne que cette tendance affecte profondément les relations familiales et sociales, empoisonne le dialogue politique et réduit les individus à leur seule origine. Elle met en garde contre la transformation des richesses culturelles camerounaises, qui devraient être un atout, en facteurs de division et de méfiance.

Pour Me Fousse, dépasser ces clivages n’est pas une simple option éthique, mais une nécessité impérieuse pour l’avenir du pays. Elle estime qu’aucun État ne peut bâtir un développement durable sur des bases fracturées par la suspicion et le repli communautaire.

Un appel à la citoyenneté et au bien commun

Le plaidoyer de Me Dominique Fousse appelle à une renaissance des valeurs de fraternité et de citoyenneté transcendantes. Elle enjoint à retrouver l’esprit d’ouverture et d’échange qui caractérisait, selon son témoignage, les époques précédentes, où la mobilité et l’apprentissage des langues locales étaient perçus comme des enrichissements et non comme des menaces.

Elle défend l’idée que l’engagement pour la nation doit se mesurer à l’aune de la défense de l’intérêt général et du bien commun, et non par la protection exclusive d’intérêts claniques ou régionaux. Son message conclut sur la nécessité pour le Cameroun de faire le choix collectif de la maturité politique et de la dignité pour assurer son avenir.

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