
Cameroun -Violences Basées sur le Genre : Le REMAPSEN renforce les capacités des médias au siège d’ONU Femmes à Yaoundé
À l’occasion de la 19ᵉ édition de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé, de l’Environnement et du Genre (REMAPSEN) a organisé, ce 26 novembre 2025, un important atelier de renforcement des capacités au siège d’ONU Femmes à Yaoundé. Une rencontre tenue en présence de la Représentante résidente d’ONU Femmes au Cameroun, Pierre Marie Raky Chaupin, qui a réaffirmé l’engagement de l’organisation à soutenir les médias dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).
Outiller les médias pour mieux prévenir et dénoncer les violences

Cette session de formation, organisée dans le cadre des activités nationales des 16 jours d’activisme, avait pour objectif d’outiller les journalistes sur les enjeux, les défis et les évolutions de la lutte contre les VBG, notamment dans un contexte marqué par l’essor des violences numériques à l’égard des femmes et des filles.
Au programme figuraient plusieurs modules clés, dont :
L’historique et la portée de la campagne internationale des 16 jours d’activisme
La violence numérique : formes, manifestations, impacts psychologiques, sociaux et économiques ;
Les stratégies de prévention et de protection en ligne ;
Le cadre légal national et international de lutte contre les VBG ;
La promotion des bonnes pratiques dans l’utilisation des outils de communication électronique ;
Le traitement médiatique sensible, éthique et inclusif des violences faites aux femmes.
Les échanges ont permis de rappeler le rôle déterminant des médias dans la sensibilisation, la prévention et le plaidoyer contre ce fléau. Le REMAPSEN, avec l’appui technique et financier d’ONU Femmes, souhaite ainsi renforcer la capacité des journalistes à produire une information de qualité, respectueuse des survivantes et conforme aux normes internationales.
Djaïli Amadou Amal, nouvelle ambassadrice d’ONU Femmes

En marge de l’atelier, un moment fort est venu marquer la journée : la signature d’une convention de partenariat entre ONU Femmes et l’écrivaine Djaïli Amadou Amal. À travers ce partenariat, l’organisation onusienne s’engage à soutenir les activités de l’association fondée par l’auteure, reconnue pour son action en faveur de l’autonomisation des filles et des femmes dans le Sahel.
<<Nous sommes en plein dans la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes que le monde célèbre du 25 novembre au 10 décembre de chaque année, avec le 25 novembre qui est consacrée comme étant une journée internationale consacrée sur l’élimination des violences faites aux femmes. ONU femmes en tant qu’entité des nations unies en charge de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, travaille à côté de tous les acteurs dans le cadre de cette campagne et aussi de sensibilisation et de mobilisation des décideurs, ONG et de la société civile. Il se trouve que madame Djailli Amadou Amal, dont les écris sont connus partout est très engagée sur le terrain sur la question des violences faites aux femmes et aux filles, et spécialement, les pratiques traditionnelles néfastes : mariage précoce, grosses précoces et violences physiques etc. Pour nous, il n’y a pas meilleur ambassadeur pour porter la voix de ce combat sur les violences faites aux femmes que madame Djailli ici présente et c’est pourquoi nous avons convenu de l’a faire ambassadrice d’Onu femmes, pour l’encourager mais aussi de l’avoir comme partenaire clé à nos côtés.>>, explique la représentante résidente d’Onu femmes.
Par ce même acte, Djaïli Amadou Amal a été officiellement élevée au rang d’Ambassadrice d’ONU Femmes, en hommage à son engagement, son plaidoyer constant et son courage. Elle-même survivante de mariage précoce, de violences conjugales et d’abus structurels, l’écrivaine utilise depuis plusieurs années la force de la littérature pour dénoncer les injustices faites aux femmes et pour faire évoluer les mentalités, << c’est un grand honneur de porter aussi haut la voix des femmes et de continuer à faire le travail et je suis très honorée d’être ambassadrice de ONU femmes.>>, a confié l’auteure.
Un pas de plus pour une mobilisation collective

Cette journée, riche en échanges et en engagements, s’inscrit dans une dynamique régionale et mondiale visant à éradiquer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles. Le REMAPSEN, fidèle à sa mission, entend poursuivre ses actions auprès des médias afin de renforcer leur rôle d’acteurs clés dans la construction d’une société plus juste et plus égalitaire.
La campagne des 16 jours d’activisme se poursuit jusqu’au 10 décembre, avec d’autres activités prévues pour maintenir la mobilisation nationale.
Réaction

Prince Mpondo, coordonnateur du Remapsen
<< nous sommes engagés à accompagner la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles,parce que c’est une thématique qui nous interpelle. En tant qu’acteur des médias, nous sommes des bâtisseurs de consciences, les acteurs du changement, nous pensons qu’à travers nos écris nous pouvons changer la donne, sensibiliser et éduquer et susciter une prise de conscience, orienter les victimes vers les services de soutien et d’accompagnement. Nous pouvons à travers nos écris porter un plaidoyer en direction des décideurs pour que la problématique des VBG soit inscrite dans l’agenda national, que ce soit une priorité du gouvernement pour briser le cou à cette problématique qui est mondiale, qui interpelle tous les acteurs, y compris les médias que nous sommes.>>



