ActualitéMis en avantSanté

Cameroun- Données de santé Publique : l’urgence du gouvernement pour la prise des décisions fiables

Cameroun- Données de santé Publique : l’urgence du gouvernement pour la prise des décisions fiables

C’est qu’il faut retenir au sortir de la restitution des résultats de la phase 4 de l’initiative Health Data. La cérémonie qui s’est tenue, le 29 mai dernier en présence du Secrétaire Général du Ministère de la Santé Publique Louis- Richard NDJOCK, a mis à nu certaines décisions gouvernementales prises sur un coup de tête. Décisions qui le plus souvent peinent à résoudre les réels problèmes du secteur de la santé publique au Cameroun.

La pandémie à COVID 19 a généré la peur et engendré les difficultés logistiques et financières dans le recours aux soins médicaux par les populations camerounaises. Le taux de fréquentation d’information sanitaire par les personnes atteintes de maladies non transmissibles a considérablement diminué. le risque de décès est multiplié par 66 en l’absence d’un suivi régulier. Les données indiquent clairement que 72,7 % des patients sont favorables à l’utilisation de la télémédecine. La télémédecine contribuerait à coup sûr à renforcer le suivi des patients MNT et tout autre type de patients en contexte épidémique au Cameroun. une enquête menée dans 4 régions du Cameroun en 2021 a révélé que plus de 66% des 130 patients MNT interviewé estime que leur vulnérabilité à la covid 19 est élevé. Et 27,5 % de ses patients craignaient d’être exposé au coronavirus en se rendant dans les formations sanitaires pour le suivi. En outre 16,2 % des patients ont affirmé que la pandémie a covid 19 a eu un impact négatif sur leur prise en charge. Du point de vue des prestataires du domaine de la santé 77,2 % des patients soignants enquêtés ont noté une baisse de la fréquentation des services de lutte contre les MNT en période de covid 19. En terme de mortalité les répercussions d’un suivi irrégulier en cas de MNT sont assez importants, en effet selon une étude menée au Royaume-Uni en 2019, le fait de manquer plus de deux rendez-vous par an pour suivi médical des MNT multiplie le risque de décès par 66.
Pour ce qui est des services de santé maternelle infantile et néonatale, au Cameroun seul 64,9 % des femmes enceintes ont bénéficié d’au moins 4 consultations prénatales. 58,9 % ont bénéficié des soins postnataux, 68,5 % des nouveaux-nés ont bénéficié des soins postnataux. Dans les régions de l’Adamaoua de l’Extrême-Nord et du Nord les taux d’utilisation des services de planification familiale sont respectivement de 7,1%, 8 % et 7,1 % en dessous de la performance nationale qui est de 19,3%. le pourcentage des femmes ayant accouché en communauté et de 53,9 % dans les régions de l’Adamaoua 62,2% à l’Extrême Nord.
Quant aux accidents de la voie publique, elles sont une priorité stratégique au Cameroun pour des raisons sociaux économiques évidentes. En effet, il aurait fait perdre à l’économie nationale l’équivalent de 908 milliards de francs CFA de 2009 à 2014, compte non tenu de la perte en capital humain. selon l’Organisation mondiale de la santé en 2020, 40 personnes sur 100000 sont décédés des suites d’accidents de la voie publique au Cameroun. Le classant au 24e rang sur 183 pays dans le monde et au 9e rang sur 54 pays en Afrique. De même, en 2019, l’Institut for health métrics and évaluation a estimé que les accidents de la voie publique occupent la 9e cause de mortalité de la première cause de décès chez les jeunes de moins de 25 ans au Cameroun. à titre d’illustration entre 2011 et 2017 7200 personnes sont décédées suite à un accident de la route au Cameroun. les statistiques montrent que les comportements à risque des conducteurs ont contribué à 70 % des accidents de la voie publique avec en tête d’excès de vitesse. Les excès de vitesse sont responsables de 35 % des accidents mortel au Cameroun il est estimé que 40 % à 60 % des conducteurs dépasse de limite de vitesse affichées de façon intentionnelle et parfois de façon involontaire.
Tels sont là, quelques échantillons des données que l’on peut retenir pour illustrer le besoin urgent des données pour la prise des décisions du gouvernement au bénéfice de la santé publique au Cameroun.
Selon Emmanuel NGWAKONGNWI, Senior technical Advisor du DATA IMPACT PROGRAMM POUR LA SANTÉ PUBLIQUE, « … C’est un exemple parmi tant d’autres qui démontre la nécessité des données pour aborder des questions sans faire d’erreur et pour orienter les ressources qui sont souvent rares. Donc nous encourageons à travers ceci, la prise de décisions sous la base scientifique. D’où l’importance des données. » En effet, ce processus expérimenté sous d’autres cieux et proposé au gouvernement camerounais se révèle être la clef aux nombreuses solutions dans le secteur de la santé publique.
Cette restitution était donc l’occasion de connaître le niveau d’activité et d’implémentation du programme DATA FOR HEALTH au Cameroun et d’en extraire les priorités du gouvernement à travers le MINSANTE dans l’avenir. Selon Louis-Richard NDJOCK, ancien directeur général de l’hôpital Laquintinie, « En effet, malgré, les efforts réalisés par le ministère de la santé publique soutenu en cela par ses partenaires techniques et financiers, pour la production des données, nous continuons d’observer une faiblesse dans l’utilisation de celles-ci dans la prise effective des décisions et la planification des interventions à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. » Il est donc question de mettre la pression afin de parvenir à des décisions objectives.
« surtout qu’on va engager très bientôt la phase 05 de ce projet qui va durer jusqu’en 2025. » annonce Emmanuel NGWAKONGNWI. « Donc, en ce moment, pour préparer ces activités, il était important de savoir qui est prioritaire et surtout la politique au niveau de la santé publique. À travers cela, on pourra continuer à appuyer les initiatives du gouvernement, la politique du gouvernement en les soutenant à partir des données qu’il faut pour réaliser cette politique. »

En rappel, c’est le 18 janvier 2021 que le MINSANTE procédait au lancement de l’initiative DATA FOR HEALTH qui se proposait d’apporter un appui dans la prise de décision éclairée en santé publique sur la base des statistiques fiables et des données probantes. Elle vise à renforcer la collecte et l’utilisation d’informations essentielles en matière de santé publique.
« la cérémonie d’aujourd’hui, me donne l’opportunité d’appeler à une interaction effective et au renforcement du partenariat et de la coordination de tous les acteurs impliqués pour une mise en œuvre cohérente des Interventions. Elle me permet de faire le plaidoyer auprès de nos partenaires techniques et financiers pour soutenir plus énergiquement encore, les initiatives visant à améliorer les capacités nationales pour la production, la dissémination et l’utilisation des données probantes. » conclue le Professeur Louis-Richard NDJOCK.

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page