Cameroun – droits de l’Homme : Voici pourquoi 60% des populations carcérales sont des prévenus

Dans les prisons camerounaises, tout le monde est confondu. Les détenus tout comme des prévenus partagent les mêmes activités. Pour cause…
Selon le processus d’incarcération d’un présumé malfaiteur, celui-ci doit avant tout être jugé puis condamné par des autorités juridiques compétentes. Au Cameroun, le processus est quelque peu entaché. Dans les commissariats de police, les brigades de gendarmerie, 50% des personnes interpellées sont mis en garde à vue pour des raisons d’enquête. Certains innocents « malchanceux » vivent le malheur d’arriver au passage du procureur. La réglementation exige que ceux qui ont effectué plus de trois jours et ceux dont les enquêtes se révèlent incriminantes sont déferlés au parquet par le procureur.
Les commissariats n’ayant pas un véritable budget alloué pour la ration alimentaire des prévenus et des gardés à vu, Les forces de maintiens de l’ordre sont parfois face à certaines difficultés. Les responsables se sentent quelques peu contraint de faire avec des moyens de bord. Par conséquent, pour réduire au maximum le nombre parfois grandissant des prévenus, le traitement des dossiers se fait le plus souvent à la légère. De ce fait, les prévenus se retrouvent dans les prisons dans l’attente d’un potentiel passage à la barre. Là-bas, malgré le boom démographique dans ce milieu, la ration alimentaire est assurée pour ces locataires. D’ailleurs, selon le rapport d’enquête du COECAM, au Cameroun, le budget de la ration alimentaire des détenus est passé de 2 milliards Fcfa en 2013 à 3 milliards Fcfa en 2017. Une nette amélioration des conditions de vie des populations carcérales.
La rencontre nationale de restitution des résultats du projet d’humanisation des conditions de détention et de protection des droits des détenus dans les prisons de Yaoundé, Bafoussam, Garoua, Douala et Mbalmayo, placé sous le parrainage du ministre d’Etat, ministre de la justice garde des sceaux, tenue à Yaoundé, les 16, 17, 18 janvier 2018, a livré son rapport. Placé sous le thème « promotion et protection des droits de l’homme et du détenu au Cameroun :Expérience et contribution du COE et du COECAM à la mise en œuvre du plan d’action national de promotion et protection des droits de l’homme au Cameroun (2015-2019), environ 25 recommandations et résolutions sont proposés. Parmi lesquels, le délai de traitement des dossiers, la mise de côté des punitions dégradantes et inhumaines des détenus.



