Cameroun- Formation agropastorale: l’IAO, un véritable creuset pour la jeunesse

Véritable référence en matière de formation agricole au Cameroun et à l’international, l’Institut agricole d’obala (IAO) forme à ce jour plus de 850 agriculteurs chaque année. Une œuvre et la création de son actuel directeur Louis Djié et du Soutien du canton Jura depuis 20 ans .
Brave, courageux, très jeune Louis Djié va être repéré par l’abbé Jurassien Jacques Oeuvray. Le natif du département de la Lekié, région du centre va jeter son dévolu sur l’agriculture. Qui est la principale activité des populations de sa localité. Après son baccalauréat, Louis Djié va bénéficier avec le soutien de l’abbé Jacques Oeuvray d’un financement, qui le transportera en France à l’école supérieure d’agriculture ( ESA), située à Angers. Conscient que l’émergence du Cameroun est basé sur l’agriculture car pour lui : « la terre ne trompe pas, c’est la seule source d’auto-emploi », il va de ce fait axé sa contribution sur la formation des agriculteurs pour une agriculture révolue. C’est d’ailleurs le thème de son mémoire . La création d’une école d’agriculture à Obala sa contrée. En 1999, il retourne au Cameroun avec une jeune étudiante pour travailler sur son mémoire. De son retour en France pour sa Soutenance, celle qui a eu une mention spéciale du jury d’ailleurs, Louis Djié effectuera de nombreux séjours non seulement sur le territoire français mais également en Suisse. Il sera mis en relation avec le ministre Jean François Roth, chef de département de l’économie et de la coopération du canton du Jurra et du chef service de la coopération Stéphane Berdat pour présenter son projet. Tout ceci accompagné par l’abbé Jacques Oeuvray. Après plusieurs voyages axé sur la recherche des financements, et à l’attente des réactions, on va lui souffler de commencer le projet en attendant. Il va rentrer définitivement au Cameroun pour réaliser son rêve.
La genèse de l’IAO
Déjà au pays, Louis Djié va lancer le projet. Il va commencer avec ses petites économies et le soutien de l’abbé Jurassien Jacques Oeuvray. Ce qui va leur permettre d’acquérir 3 hectares de terres à obala, et la construction d’une petite baraque. Petit à petit, il va mettre en valeur son domaine et recruté une douzaine de jeunes pour la formation, dont 03 filles. Et avec l’appui du gouvernement, ils vont acquérir 100 hectares de terrain. En visite au Cameroun dans le cadre d’un projet de coopération santé, le ministre Jean François Roth, chef du département de économie et de la coopération va effectuer une visite sur le site. Convaincu par le projet, il prendra sur lui la responsabilité de défendre le projet au parlement du canton du Jurra. C’est finalement en 2003 que l’Institut agricole d’obala va ouvrir ses portes avec le soutien du gouvernement du canton du Jurra.
L’IAO compte à ce jour, 860 étudiants, dont 40% de filles, répartis en 05 formations différentes. Les formations vont du brevet de technicien agricole jusqu’au master . Le soutien du canton du Jurra étant resté constant, l’IAO connaît un développement galopant. C’est d’ailleurs ce qui fait de la fabrication de Louis Djié une référence en matière de formation agro entrepreneuriale au Cameroun et même hors de nos frontières. Son modèle d’enseignement et d’encadrement séduit plus d’un. C’est ainsi que les partenaires et les bailleurs de fond se bousculent. Le fonds international de développement agricole, instance Onusien ne sera pas en reste. Captivité par le potentiel et l’exemplarité de l’IAO , il va aller jusqu’à documenter l’histoire de l’école des agriculteurs d’obala dans un fascicule intitulé « La formation agro – entrepreneuriale pour l’insertion des jeunes». Toujours l’an passé, le FIDA va organiser une conférence internationale sur les locaux de l’IAO, dans le but d’exposer le savoir faire de l’établissement mais aussi celui du gouvernement du canton du Jurra dans le suivi des projets. Ce fut un véritable succès.
l’IAO et l’économie camerounaise
L’Institut agricole d’obala , 20 ans plus tard, nul ne peut contester son précieux apport pour l’économie du pays. Le projet a grandi en maturité. De 10 jeunes impacter, l’IAO est passé à 150 nouvelles installations de jeunes chaque année. Il a permis à de nombreuses familles d’améliorer leur situation financière. Sur le plan de l’auto suffisance alimentaire, l’IAO et ses jeunes agriculteurs ravitaillent Yaoundé et certains marchés de la sous région en agro alimentaire. L’on ne saurait nier l’autre apport sur la révolution des mentalités, notamment chez les jeunes. En ce sens, beaucoup de jeunes se dirigeaient plus vers les lycées générales pour être fonctionnaires, ce qui n’est plus le cas. Beaucoup de jeunes se dirigent vers l’IAO. Ils quittent même les dix régions voir en dehors du territoire national. Ce qui fait que même le gouvernement camerounais s’est inspiré du modèle de l’IAO pour construire des lycées agricoles sur l’étendue du territoire avec l’expertise des dirigeants de l’Institut. Lui qui connaît une croissance fulgurante et une progression maîtrisée, le canton du Jura va opéré les changements dans sa collaboration avec l’établissement en 2018. Les financements vont passer de ce fait de 100% à 25 % , qui représente le budget. Mais l’Institut va étendre son aura vers d’autres partenariats. Notamment avec le FICD , la fondation rurale interjurassienne.
Perspectives
En prospection l’IAO est tourné vers l’extérieur. C’est ce qui justifie la présence récente du directeur Louis Djié en Suisse. Lui qui est impliqué dans un projet d’échange d’expérience entre le Cameroun, la Suisse et la côte d’Ivoire. A titre de rappel, la délégation suisse est attendue en septembre prochain au Cameroun pour s’imprégner de l’expérience du Cameroun en matière d’agriculture bio.



