Cameroun : la dépouille d’Anicet Ekane au cœur d’un conflit familial et politique

Près de deux mois après son décès en détention, l’inhumation de l’homme politique camerounais Anicet Ekane n’a toujours pas eu lieu. La situation met en lumière un conflit complexe entre sa famille biologique et sa famille politique, selon des informations rendues publiques.
Un conflit de succession et de symboles
La polémique porte sur l’organisation des obsèques et le contrôle des symboles liés à l’héritage politique du défunt. Des sources proches du dossier indiquent que certains membres de sa famille, notamment ses sœurs, souhaiteraient prendre en charge les funérailles, marginalisant ainsi son épouse et les structures partisanes auxquelles il appartenait. Parallèlement, la permanence locale de son mouvement politique aurait été récupérée par un membre de sa famille, qui en refuserait désormais l’accès aux militants.
Des dernières volontés politiques
Selon des déclarations attribuées à un proche, Anicet Ekane aurait exprimé le souhait, avant sa mort, que ses funérailles soient organisées par sa « famille politique », à savoir le Mouvement africain pour une nouvelle indépendance et une nouvelle démocratie (Manidem) et l’Union des populations du Cameroun (UPC). Il aurait également demandé que sa veuve soit protégée. Ces volontés, non officiellement confirmées, alimentent le différend sur la légitimité à conduire le deuil.
Un décès en détention
Anicet Ekane est décédé le 1er décembre 2025 alors qu’il était incarcéré. Son arrestation faisait suite à la répression de manifestations ayant éclaté après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, durant lesquelles son parti soutenait la candidature d’Issa Tchiroma Bakary. Il était poursuivi pour des infractions liées à la sûreté de l’État. Sa mort en prison, après avoir été privé de ses équipements médicaux pendant plus d’un mois selon ses soutiens, avait suscité de vives réactions.
Le Manidem a officiellement demandé au président de la République, Paul Biya, la restitution de la dépouille mortelle. Cette démarche fait suite à une requête similaire de la famille. À ce jour, aucune réponse publique des autorités n’a été apportée à ces sollicitations, laissant la dépouille du politicien dans l’attente d’une sépulture tandis que les tensions persistent autour de son héritage symbolique et politique.



