Politique

Cameroun : la présence de Cabral Libii aux vœux présidentiels suscite des interrogations

La traditionnelle cérémonie de présentation des vœux au chef de l’État, qui s’est tenue jeudi 8 janvier 2026 au palais de l’Unité à Yaoundé, a été marquée par une présence notable. Cabral Libii, député et président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), a présenté ses vœux au président Paul Biya. Ce geste protocolaire a immédiatement suscité de vifs commentaires dans la classe politique.

Un geste protocolaire aux interprétations politiques

En sa qualité de membre du bureau de l’Assemblée nationale, la participation du parlementaire à cet événement institutionnel s’inscrit dans le cadre formel. Les images diffusées par la télévision publique ont montré l’élu, portant l’écharpe tricolore, échanger une poignée de main et quelques mots avec le président de la République. Bien qu’inscrite dans le rituel républicain, cette apparition contraste avec les positions publiquement affichées par le leader politique ces dernières années.

Un revirement perçu par la frange radicale de l’opposition

La réaction la plus vive est venue de certains cercles de l’opposition, qui ont qualifié cette démarche de rapprochement avec le pouvoir en place. Des critiques ont fusé, accusant le président du PCRN d’avoir opéré un revirement stratégique, potentiellement en vue de futures négociations ou d’avantages politiques. Ses détracteurs soulignent le contraste avec son refus, en janvier 2023, de se rendre à la même cérémonie. À l’époque, l’élu avait jugé « indécent » de partager cet espace avec des personnalités qu’il accusait de détournement de fonds publics.

Certains observateurs analysent ce changement d’attitude à la lumière de la période post-électorale suivant le scrutin présidentiel d’octobre 2025. Cabral Libii avait alors reconnu les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel et s’était distancié des appels à la contestation, adoptant une posture institutionnelle.

Une défense au nom de l’étatisme et du réalisme politique

Face aux critiques, des soutiens au sein de son parti ont défendu sa démarche. La députée Rolande Ngo Issi a salué en lui « un homme d’État accompli », soulignant la constance de sa vision pour le pays. Anne Feconde Noah, ancienne porte-parole de campagne, y a vu la « posture d’un homme d’État prêt à assurer la relève », insinuant une forme de préparation à des responsabilités nationales.

Cette apparition au palais de l’Unité intervient dans un contexte marqué par l’approche des élections législatives et municipales de 2026. Certains analystes l’interprètent comme le signe d’une stratégie de repositionnement, visant à consolider une stature d’homme d’État et à négocier un espace politique dans le paysage institutionnel camerounais, entre opposition et participation au jeu républicain.

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