Cameroun : l’autopsie d’Anicet Ekane visait à clarifier les circonstances de son décès

Les autorités camerounaises ont procédé à un examen médical approfondi du corps d’Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), décédé le 1er novembre 2026. Cette démarche, présentée comme une mesure de transparence, visait officiellement à établir les causes précises de son décès, survenu alors qu’il était en détention.
Un contexte politique tendu
Le décès d’Anicet Ekane intervient dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par des échauffourées ayant suivi la proclamation des résultats de l’élection présidentielle remportée par le président Paul Biya. Le leader de l’opposition avait été arrêté dans ce contexte. Sa mort subite en détention a immédiatement soulevé des interrogations et des spéculations quant à ses causes réelles.
Face à ces interrogations, l’État a justifié la nécessité d’une autopsie par la volonté de dissiper tout doute et d’écarter les rumeurs qui circulaient. Une source proche de l’appareil d’État a indiqué que l’objectif était de fournir une explication médicale claire et définitive, afin d’éviter toute instrumentalisation de l’événement.
La réponse des autorités
André Luther Meka, un cadre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), a récemment évoqué cette procédure. Il a affirmé que l’initiative gouvernementale répondait à des soupçons selon lesquels des acteurs de l’opposition auraient pu jouer un rôle dans la dégradation de l’état de santé du défunt. Cette théorie, avancée de manière informelle, n’a pas été officiellement confirmée par les canaux institutionnels.
Meka a suggéré que l’État considérait comme suspecte la rapide dégradation de l’état d’Ekane, malgré les soins médicaux qui lui étaient prodigués. Cette perspective a été présentée comme une piste justifiant l’examen post-mortem, décrit comme une mesure de précaution et d’enquête.
Les conclusions de cette autopsie n’avaient pas été rendues publiques au moment des faits rapportés. Les investigations sur les circonstances entourant la mort du président du MANIDEM se sont poursuivies, dans un dossier qui mêle enjeux judiciaires et considérations politiques d’une haute sensibilité.



