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Cameroun- présidentielle 2018: Que cache le soutien de l’opposition à Paul Biya?

Une vingtaine de partis politiques a décidé à l’unanimité de soutenir la candidature du président camerounais Paul Biya, le 20 juillet dernier, à Yaoundé.

La competition s’annonce farouche dans le camp du parti au pouvoir qui, remet son champion dans l’arène. Quant à l’opposition disloquée, les armes s’affutent. Et pendant que la pression monte, loin de toutes attentes, alors que les souhaits tant reprochés au bal des partis de l’opposition reste au gout du jour, une équipe de 20 partis opposants décident d’allier leurs voix à celle du président Camerounais actuel. Certains partis centristes ont toujours montré sans embage la relation conviviale qu’ils entretiennent avec la politique du renouveau depuis 1990 ,date de l’avènement du multipartisme au Cameroun. Avec aujourd’hui près de 300 partis politiques seules quelques uns animent la scène politique nationale . D’autres apparaissent et réapparaissent au gré des enjeux. En 2011 encore, ils étaient nombreux, pour discuter le fauteuil conservé par le président de la république Paul Biya. Au sorti de ce scrutin, Paul Biya s’en sort avec plus de 60% de vote, l’opposition quant à elle, s’en sort avec un piètre résultat. Comment donc comprendre ce soutien de l’opposition pour le candidat du Rdpc ? Certains tentent de répondre. « l’Amec de Joachim Tabi Owono depuis a toujours été candidat depuis 1997 ,et dernièrement en 2011 on a été là pour compétir avec Paul Biya… Les raisons de notre soutien se trouvent en lui parce qu’il a les atouts et qualités pour stabiliser notre pays.»

Par ailleurs, il faut remarquer que depuis 2012 , avec l’avènement du nouveau code électoral, la caution est passée de 5 millions à 30 millions fcfa pour l’élection présidentielle.

Pour la société civile, ce geste de l’opposition passe comme une pillule amère. Cette dernière élection fait tomber les masques des acteurs de l’opposition. Qui pour certains, la démarche politique n’est pas orthodoxe. La société civile ne manque pas l’occasion de pointer du doigt l’incapacité pour certaines de ces formations politiques de s’acquitter de la caution qui est de 30 millions. Comment comprendre ce retournement de veste sachant que la base même de la création de bon nombres de partis d’opposition était la critique de la gestion de l’ État. Néanmoins, ces deniers auraient fini par comprendre qu’il est plus judicieux de s’alligner derrière l’homme dont l’étiquette est passée à celle de l’homme de la situation.

D’un trait, l’UPC et les 19 autres partis, font grimper la côte de popularité du président Paul Biya dans la course au fauteuil présidentielle.

Paul Fils Eloundou

Journaliste camerounais et maître en droit privé fondamental à l'Université de Yaoundé 2 SOA.

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