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Cameroun- Succession à la tête de l’UDC : Facette d’une démocratie conjugale

 

  Outrepassant les textes de cette formation politique, Tomaïno Ndam Njoya succède à son défunt mari ,à la présidence nationale de l’Union des Démocrates Camerounais ( UDC) jusqu’en 2021.

 

  Maire de la ville de Foumban, la veuve Ndam Njoya, complète la mise avec la présidence national de l’UDC. Des fonctions qu’occupait son compagnon Dr Adamou Ndam Njoya ( fondateur de l’UDC) avant son décès. Un vrai diktat, si ce n’est une forme de succession.  Sur  ce qui s’apparente comme héritage familiale. Les faits se sont déroulés le  week-end dernier , sur les berges du Noun à Foumban. « C’est ce qui ressort au terme de la réunion des membres du bureau politique de l’UDC convoquée et présidée par le 2e vice-président, Christophe Ndeuhela, en marge de la célébration du 29e anniversaire de la création et légalisation» écrit nos confrères du quotidien le Messager en date du  mardi 28 Avril 2020. Elle sera en charge de conduire les affaires courantes jusqu’à la convention de 2021.

Un Hold-up flagrant

  Les textes de l’UDC sont claires. En cas vacance à la présidence nationale, c’est le premier vice président qui assure l’intérim ou son précédent selon l’ordre de préséance. Pour l’heure, c’est  à Sam Mbaka, premier vice Président qu’était dévolu cette charge. Mais cela n’a pas empêché Tomaïnou Ndam Njoya, jusque là secrétaire général chargé des droits de l’homme à prendre les rênes de ce parti, même au mépris des textes. Pourtant selon certains observateurs, Sam Mbaka, premier vice président est celui que les textes de l’UDC confert toute  légitimité. De quoi penser à un hold-up pour bon nombre d’analyste politique, avec pour corollaire la confiscation du pouvoir par le couple Ndam Njoya. Sur ce  qui s’apparente désormais à une expérimentation d’une démocratie conjugale sur les rives du Noun.

Des tractations

  Méticuleuse en politique, Tomaïno Ndam Njoya a mis sur pied un rouleau compresseur afin de parvenir à ses fins. Ce, depuis la disparition de son mari le 07 mars dernier, et  voir  même avant. Si l’on s’en tient à son choix d’abandonner l’hémicycle pour la mairie. Rappelons le  poste  qu’occupait le président fondateur de l’UDC avant de s’en aller pour toujours. Ainsi , elle a tout fait pour écarter tout obstacle pouvant l’empêcher de réussir. Selon nos confrères du Messager, le premier vice président a été tout simplement mis à l’écart. Pour preuve, la même source dit l’avoir contacté pour en savoir plus. Mais Sam Mbaka a clairement indiqué ne pas être au courant de cette réunion de Foumban. Une hypothèse que viendra confirmée Mongbat Ahidjo, secrétaire général à la communication de l’UDC lorsqu’il déclare « ils ont ménagé le 1er vice président, quelque peu souffrant et surtout indisponible». Chose étrange. En plus selon certaines indiscrétions, tout porte à croire que le parti subit des pressions de la banque. À l’effet de designer une personne à même de gérer les affaires courantes et le compte bancaire de l’UDC. C’est d’ailleurs ce qui semble justifier la pétition des membres du bureau politique ayant porté Tomaïno Ndam Njoya au sommet de l’UDC. Ce qui porte à croire à une forme de confiscation du pouvoir. Une attitude que reproche la veuve Ndam Njoya au régime Biya. Les camerounais sont donc appelés à constater les faits et à tirer les leçons. Surtout sur la qualité de ses leaders des partis politiques d’opposition, le réel dessein des formations politiques qui animent le jeu démocratique du Cameroun.

Paul Fils Eloundou

Journaliste camerounais et maître en droit privé fondamental à l'Université de Yaoundé 2 SOA.

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