Cameroun – trafic d’électricité : universitaires et commerçants sur le banc des accusés
De plus en plus, Enéo, la compagnie en charge de fournir de l’énergie électrique au consommateur évoque des pertes énormes en ce qui concerne son chiffre d’affaire. Et pour cause, le trafic et vol sur les lignes de transport d’électricité vers les ménages alimente le milieu.
Fausses manœuvres, expertises non qualifiées, tripatouillages des fils électriques, c’est ce qui constitue la cause de plusieurs cas d’incendie enregistrés au sein des marchés au Cameroun. Chaque année, on enregistre au moins 08 cas d’incendie dans ces marchés. Après enquête, les causes sont le plus souvent les mêmes. Dysfonctionnement d’un compteur électrique ou encore, mauvais branchement dans une boutique. Conséquence, des pertes en vies humaines, ou en matériaux. Ces cas sont tellement récurent, que les pertes sur le plan social sont les plus en vue. Et pourtant, malgré les multiples accusations portées à l’endroit d’Enéo, l’entreprise en charge de produire et de distribuer l’électricité aux populations, est aussi perdante. Il se pourrait que les plaintes adressées à son endroit soient injustes. Seulement, les cas de fraudes et de vandalisme, aux effets dévastateurs allant de la destruction des équipements à des cas de pertes en vies humaines, restent récurrents. Eneo subit des pertes de près de 30% de son chiffre d’affaires. Par conséquent, selon des responsables de l’entreprise chargée de produire le courant électrique destiné aux ménages, aux entreprises et aux administrations dans tous les secteurs, ces obstacles rendent difficile l’amélioration de l’offre en énergie.
Selon Georges Ngono Edzoa, président de l’Association de défense des droits des consommateurs d’eau et d’énergie électrique du Cameroun (Asceeel), les marchés, les cités universitaires et les ménages sont les principaux sites des tripatouillages. Il préconise une intensification des campagnes de sensibilisation afin de limiter ces pratiques qui ont pignon sur rue.
Pour résoudre ce problème qui ne cesse de ce rependre, les consommateurs estiment qu’il importe de réguler le secteur de la sous-traitance afin d’éviter les aléas dénoncés. Car, en effet, tout le monde s’auto proclame. Il suffit d’être bailleur, d’avoir un compteur, pour prétendre être distributeur d’énergie électrique.
A titre de rappel, le Cameroun compte 1,2 millions de consommateurs identifiés, soit près de 100 000 nouveaux abonnés par an. Pour Joël Nana Kontchou « Le défi majeur auquel nous avons à faire face, est d’abord celui de la fourniture permanente d’une électricité stable, fiable, disponible et à moindre coût ».



