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Cameroun – Vaccination : Voici pourquoi les députés exigent un budget vaccins sécurisé par la loi

Cameroun - Vaccination : Voici pourquoi les députés exigent un budget vaccins sécurisé par la loi

Cameroun – Vaccination : Voici pourquoi les députés exigent un budget vaccins sécurisé par la loi

À Yaoundé, le 22 mai 2026, une trentaine d’acteurs se sont réunis : une quinzaine de parlementaires, la société civile, les partenaires techniques et l’administration publique. Objectif de ce dialogue de haut niveau organisé par SAILD ONG et le REPAPSSAV : préparer le Cameroun à la fin du soutien de Gavi, l’Alliance du Vaccin, et éviter toute rupture d’approvisionnement.

Pourquoi sécuriser le budget par la loi ? La réponse tient en un chiffre : 24%. C’est la part que couvre aujourd’hui l’État dans le financement du Programme Élargi de Vaccination (PEV). Le reste dépend encore des bailleurs. Or d’ici 2030, le Cameroun devra mobiliser environ 30 milliards de FCFA pour prendre le relais de Gavi. Sans cadre légal, ce financement reste vulnérable aux tensions de trésorerie et aux arbitrages budgétaires.

D’où la première exigence du Réseau des parlementaires sur le financement de la vaccination : voter une ligne budgétaire dédiée à la vaccination et l’inscrire dans la Stratégie Nationale de Vaccination SNV 2030. L’idée est simple mais forte : rendre le financement obligatoire, visible et contrôlable chaque année.

Les 3 autres raisons qui poussent les députés à agir

Au-delà de la loi, les parlementaires pointent 3 urgences. La première, Accélérer l’exécution. Aujourd’hui, il faut 6 à 12 mois entre la demande du Ministère de la Santé et l’achat des vaccins par le MINFI. Trop long quand il s’agit de vaccins. Les députés demandent un rapport conjoint trimestriel pour débloquer les fonds plus vite et éviter les ruptures de stock. En second, le respect les engagements de co-financement. En effet, le Cameroun a signé des promesses de cofinancement avec Gavi. Un député a été clair : « Si demain on n’arrive pas à payer notre contrepartie, on coupe le médicament pour nos enfants. » Tout retard = risque de suspension d’approvisionnement = enfants non immunisés = retour des maladies évitables. Pour finir, innover pour financer. Les parlementaires proposent des taxes santé dédiées et la création d’un « pôle de santé » : un fonds national alimenté par l’État, les banques, le secteur privé et le CEMPS. L’objectif : répondre aux urgences et soutenir la production locale de vaccins et de consommables. L’idée d’un fonds souverain de santé est sur la table.

« La vaccination est un investissement, pas une dépense »

C’est le message martelé par les députés. Investir dans les vaccins, c’est réduire les dépenses d’hospitalisation, de complications et de campagnes de rattrapage. C’est protéger la productivité des ménages et la scolarité des enfants. Le Parlement veut plus que voter. Ils rappellent de ce fait leur rôle : interroger, contrôler l’exécution, exiger des comptes. Car l’écart entre budget voté et budget exécuté est parfois aussi dangereux que le manque de moyens. « Annoncer des milliards ne suffit pas : il faut s’assurer qu’ils arrivent à la chaîne du froid, à la logistique, à la formation », insistent-ils.

Une urgence responsable

De cet atelier ressort un consensus : au gouvernement de mobiliser et sécuriser, au Parlement de voter et contrôler, aux partenaires d’accompagner la transition, à la société civile de veiller.

Mobiliser 30 milliards FCFA d’ici 2030, ce n’est pas juste un défi comptable. C’est un choix politique et un marqueur de souveraineté sanitaire. Car en matière de vaccination, le coût de l’inaction est toujours supérieur au coût de l’action.

Lire aussi : Lancement de la campagne de vaccination contre la rage : Le Cameroun veut éradiquer le phénomène

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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