Guinée équatoriale-Dialogue politique: Severo Moto veut-il saboter l’invitation d’Obiang Nguéma ?
Le président de la Guinée équatoriale a annoncé la tenue d’un dialogue politique, qui devrait commencer le mois prochain. Obiang Nguéma demande à cet effet, à la diaspora de rentrer au pays.
Pour Teodoro Obiang Nguema, le but de cette table ronde est de « préserver la paix et le développement ». Dans un discours à la télévision d’Etat, le chef de l’État a aussi appelé les équato-guinéens de la diaspora à rentrer au bercail.
« Le dialogue et la concertation politique constituent les voies pour préserver la paix et le développement que le pays connait actuellement », a expliqué Teodoro Obiang Nguéma Mbazogo. Pour le pouvoir en place, ce dialogue politique est un appel aux équato-guinéens de la diaspora de « rentrer en Guinée équatoriale, notre pays qui nous a vu naitre, pour trouver les stratégies globales et inclusives », ajoute-il dans la chaine de télévision nationale, le 11 juin dernier.
« Nous envoyons notre invitation au dialogue national que je convoque aujourd’hui à tous les équato-guinéens dispersés dans la diaspora pour des raisons politiques, pour certains délits politiques, afin de rentrer », a-t-il encore déclaré. Cette invitation du président Equato-guinéen, pour un retour au pays natal, a suscité des réactions dans le grand cercle de la diaspora équato-guinéenne, parmi lesquels les membres de l’opposition en exil.
Le président du Parti du progrès Severo Moto, vivant en Espagne, estime qu’il s’agirait d’un piège du président à la tête du pays depuis 1979. Il n’est pas question de répondre favorablement à l’invitation du chef de l’Etat « En Guinée équatoriale, j’ai été condamné à 160 ans de prison, explique l’opposant. Chaque fois que j’écris au président Obiang pour lui demander d’engager le dialogue, il ne manque jamais de me le rappeler. La personne qui a le moins de raison d’accepter cette invitation bidon, c’est moi ! Je sais bien que dès que j’aurai mis les pieds en Guinée équatoriale, je serai arrêté et qu’en deux temps, trois mouvements, je disparaîtrai. A l’heure où je vous parle, l’opposition tout entière et la population équato-guinéenne ne demande qu’une seule chose: une vraie transition de la dictature à la démocratie. »
Cette réaction de l’opposant pourrait influencer certaines réactions des autres acteurs de la diaspora désireux de revenir au pays. En attendant, le rendez-vous reste caller pour juillet 2018.



