Politique

Louis Marie Kakdeu dénonce la culture de la prédation au Cameroun

L’économiste et analyste politique Louis Marie Kakdeu a récemment formulé une critique approfondie des mécanismes de gouvernance au Cameroun. Il dénonce une pratique systémique de détournement des ressources de l’État à des fins personnelles et clientélistes.

Une logique institutionnalisée de captation

Dans ses analyses, Kakdeu décrit un système où l’accès aux fonctions publiques et électives est perçu avant tout comme une opportunité d’enrichissement. Cette dynamique, qu’il qualifie de « manducation politique », transformerait les postes de responsabilité en points de redistribution de ressources vers des réseaux familiaux, communautaires ou ethniques, plutôt qu’en leviers de service public.

Selon lui, cette pratique crée un cercle vicieux. Les investissements nécessaires pour accéder au pouvoir – mobilisation de réseaux, distribution de ressources pendant les campagnes – génèrent des attentes de remboursement une fois la fonction obtenue. La pression sociale exercée sur les élus et les fonctionnaires légitimerait ainsi, dans les faits, des comportements de prédation.

Des conséquences économiques et sociales

Les effets de ce système seraient dévastateurs pour l’économie nationale. Les fonds publics, au lieu d’être alloués aux infrastructures essentielles, à l’éducation ou à la santé, seraient détournés vers des circuits de redistribution clientéliste. Les projets de développement, nombreux sur le papier, échoueraient souvent dans leur réalisation, leur finalité réelle étant parfois davantage la création d’opportunités de captation que l’atteinte d’objectifs économiques.

Cette mentalité s’étendrait également au secteur privé, où la réussite des entrepreneurs dépendrait souvent de leur capacité à nouer des liens privilégiés avec l’appareil d’État pour obtenir des marchés ou des avantages fiscaux, au détriment de l’innovation et de la compétitivité.

Pour Louis Marie Kakdeu, le pays se trouve à un carrefour où il est impératif de dépasser cette logique de « tour de manger » pour recentrer l’action publique sur le progrès collectif et le développement national. Ses réflexions, partagées lors d’une émission télévisée et issues d’un ouvrage à paraître, appellent à une profonde remise en question des modèles de gouvernance.

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