Lutte contre la drogue : entretien avec Pascal Magloire Awono, secrétaire permanent du Comité national de lutte contre la drogue (Cnlcd)
« La population la plus accro à la drogue au Cameroun se situe entre 13 et 15 ans »
Quand on parle de drogue, de combien de type de drogue trouve t-on ?
Je veux faire simple, deux types de drogues. Les drogues dites licites et les drogues dites illicites. Les drogues licites sont le tabac et l’alcool. Ce sont des drogues qui sont réglémentées et contrôlées par notre règlementation, notamment, la commercialisation. Les drogues illicites sont nombreuses. Ce sont celles là qui ne sont pas autorisées, qui sont interdites d’usage. La principale drogue actuellement consommée au Cameroun est le Cannabis. Cette substance appelée le banga, l’herbe, le marijuana, et bien d’autres drogues comme la cocaïne. Au regard des chiffres qui nous viennent de nos forces de l’ordre, ces drogues sont également consommées au Cameroun.
Lutte contre la drogue, n’est-ce pas un combat perdu d’avance ?
On pourrait avoir l’impression que c’est perdu d’avance au regard de l’ampleur de la situation qui va crétiendo, que ce soit dans la catégorie des plus jeunes que dans la population active. Mais toutefois, pour le cas du Cameroun, dans les années 2000, l’enquête qui a été menée, a montré que nous étions à une prévalence de 25%. Et les efforts mobilisés par les acteurs depuis cette date montrent aujourd’hui que cette prévalence a baissé de 4 points.
Quel est la tranche de la population qui est le plus accro à la drogue aujourd’hui au Cameroun ?
C’est celle âgée de 13 à 15 ans. Rien que pour le canabis, ils sont 5,4%. Et celle qui est aussi préoccupante, c’est celle de 24 à 30 ans. Parce que cette tranche dit, nous sommes désoeuvrés, nous avons des diplomes, nous ne pouvons gérer nos soucis.
Ce qui est inquiétant, c’est de plus en plus, les jeunes consomment la drogue à l’école, dans les lycées, dans les collèges, notamment ce dont on appelle le tramol. Que faites vous pour barrer la voie à la consommation de la drogue, notamment ces tramols ?
Je voudrai vous rassurer, ce n’est pas tout les élèves qui consomment la drogue. Il est important que je passe ce message à l’endroit des jeunes. Les tramols, ce n’est qu’une spécialité du tramadol. Ce tramol a été interdit de commercialisation au Cameroun par une décision du Ministre de la santé (minsanté). Il s’agit d’un produit très dangereux. Le tramadol est un anti douleur qui doit être prescrit par un médecin qui connait bien le mal. Le Minsanté demande aux jeunes de ne pas commencé. Par ce que le chemin de la drogue est un chemin de non retour.
C’est facile de dire aux enfants comme ça de ne pas prendre la drogue. Les circuits d’achat de la drogue sont connus. Parfois, le savetier du quartier sais que certains vendent la drogue, est ce qu’il y a quelque chose de coercitif que le Minsanté a mis en place pour barrer la voie à la consommation de la drogue.
Le gouvernement a pris des mesures. Pas seulement le ministère de la santé publique. Il a été mis en place, une compagnie de sécurisation des établissements scolaires. Cette compagnie travaille dans le cadre d’une plateforme avec le centre de prévention qui est localisé à l’hôpital centrale de Yaoundé. Le Minsanté a mis en place, les centres de soins de prévention, des addictions dans tout les hôpitaux de région. Au jour d’aujourd’hui, 14 unités spécialisées sont opérationnelles et sont actifs. Elles sont prêtes à accueillir, les parents affectés, les enfants infectés. Le délégué général à la sureté nationale fait un travail formidable avec ses troupes Pas de tolérance on a mis en place une céllule aéroportuaire anti trafic qui est là pour transmettre l’information à temps réel. Le Sed a également travaillé dans ce sens. Le DG des douanes aussi. Des équipements ont été mis en place pour essayer d’améliorer ce fléau.
Si votre enfant vous disait qu’il est consommateur de drogue, quel sera votre réaction?
Je devrais d’abord l’accepter. Ensuite, il ne s’agit pas de le rejeter, mais de comprendre comment pourquoi il a consommé la drogue. Une fois qu’on a compris, on essaie également de lui donner l’information sur les méfaits liés à ces substances qu’il a consommé quelque soit la raison et l’amener à laisser. Et pour cela, nous devons engager un processus de sevrage. C’est un processus très difficile qui requiert être discipliné. La famille devra jouer un rôle important. Cela demande également l’implication de l’enfant à ne plus recommencer.
Source : CRTV radio



