Cameroun- comprendre les goulots qui plombent l’attractivité et la compétitivité du Port Autonome de Kribi
Une délégation interministérielle effectue une visite de travail dans la cité balnéaire, afin d’évaluer le projet du port en eaux profondes de Kribi, 5 ans après sa mise en exploitation, pour tenter de comprendre les goulots qui bloquent, l’attractivité et compétitivité de ce Hub portuaire, malgré les résultats enregistrés.

« C’est une séance de travail très importante, parce qu’elle doit permettre aux différents départements ministériels concernés à savoir les transports, les travaux publics et les finances, de faire le point sur le projet du port en eaux profondes de Kribi, tant dans sa composante, infrastructurelle, économique que géostratégique tels que voulu par la vision politique, qui la mise sur pieds. Cinq ans après sa mise en exploitation il est de bon ton, que les différentes parties fassent le point, des impacts socioéconomiques et une fois encore géostratégique du Port en eaux profondes de Kribi. » Affirme Mathieu NDONGO, expert en économie, résident à Kribi.

Depuis ce Lundi donc, le groupe de travail interministériel, qui comprend les experts des ministères des transports, des travaux publics et des finances effectue, une visite de travail dans la ville de Kribi, où ils passent en revue, la situation infrastructurelle, économique, et voir social du Port Autonome de Kribi, cinq ans après sa mise exploitation en Mars 2018.
Justement de cette situation l’on apprend sur le plan infrastructurel, que sur les 11milles hectares d’espaces mise à disposition par l’État pour le projet, à date 110 hectares de terrain sont déjà aménagé par le Port et ses amodiataires. Le projet proprement dit en cours de réalisation de sa deuxième phase, est accrédité des performances, qui semblent satisfaisant pour son top management et l’Etat du Cameroun.

A date, le Port Autonome de Kribi, c’est un trafic global d’un peu plus de 747 542 tonnes en 2022, de son Terminal polyvalent, soit un taux de croissance annuel moyen 86%, et 35% des volumes globaux du terminal à conteneurs, estimés à 277 862 tonnes pour l’année 2022 également avec des recettes douanières estimées à 460 Milliards de Francs CFA, pour un peu plus de 6000 emplois directs et indirects.
Ce pendant de l’avis des experts, les résultats obtenus sont de très loin en deçà du potentiel de l’infrastructure et du projet dans sa globalité, en comparant avec les infrastructures portuaires de la sous région, en clair il se pose donc aujourd’hui selon ces derniers la problématique de l’attractivité et la compétitivité du Port de Kribi, dont les facteurs semblent avoir été identifié et regroupé en cinq points par les acteurs.

L’on cite entre autres, la connectivité du port et son hinterland, la situation des projets majeurs du port de Kribi notamment l’extension des terminaux, des contraintes ayant un impact sur la fluidité du passage et de la circulation des marchandises le long des corridors. Sur la connectivité du port, pour les experts, il est impératif aujourd’hui pour l’Etat, d’avancer avec les projets des voies d’accès à l’instar de l’autoroute Kribi-Edea, ou encore de la route Kribi-Akom 2- Ebolowa, et Kribi-Yaounde, par Bipindi pour augmenter l’attractivité et la compétitivité du port en desservant les corridors, Djamena, Bangui, et le Congo Brazza.
Ajouté à celà le raccordement ferroviaire de Kribi avec l’actuel réseau national, reliant les villes de Douala, Yaoundé et Ngaoundere. Des axes stratégiques, qui doivent à coup sûr de l’avis des experts augmenter le champ d’influence du Port de Kribi, dans la sous région. Ajouté à la simplification des procédures administratives, qui aujourd’hui impactent négativement la compétitivité du Port, à travers des procédures douanières, le phénomène faux frais, la situation des péages etc.
Il est donc question, pour les différentes parties de s’y pencher pendant les travaux de Kribi, pour trouver solutions et espérer leur mises en application dans les tous prochains jours afin de permettre à se géant de jouer pleinement son rôle, dans l’économie de la sous-région en occupant une part des marchés qui continue de l’échappée.



