Politique

Moussa Njoya rejette la politisation tribale de l’affaire Amougou Belinga

L’universitaire Moussa Njoya est intervenu dans le débat public pour déconstruire les interprétations à caractère ethnique entourant l’inculpation de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. Cette prise de parole intervient dans un contexte où l’assassinat de Marie-Louise Mballa Ntsama a ravivé les spéculations sur les motivations des procédures judiciaires en cours.

Une mise au point sur les fondements judiciaires

Moussa Njoya a fermement contesté l’idée selon laquelle l’arrestation du PDG du Groupe l’Anecdote résulterait de pressions exercées par des activistes sur les réseaux sociaux ou de considérations communautaires. Il a rappelé que la décision de le déférer devant la justice découle d’éléments contenus dans des actes d’instruction officiels.

Son analyse se fonde notamment sur l’ordonnance de renvoi numéro 15/ORD/JI. NDZIE/TMY du 29 février 2024. Ce document judiciaire mentionne qu’à la suite de la découverte du corps du journaliste Martinez Zogo, une dénonciation a été adressée aux autorités. Celle-ci impliquait le lieutenant-colonel Justin Danwe de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), qui aurait recherché des individus pour mener une action contre la victime peu de temps avant les faits.

Les accusations portées lors des auditions

Selon les comptes-rendus d’audition cités, l’officier Justin Danwe a reconnu avoir mené une opération contre Martinez Zogo sur instruction de son supérieur hiérarchique, le commissaire divisionnaire Léopold Maxime Eko Eko, et de Jean-Pierre Amougou Belinga. Ce dernier aurait, lors d’une rencontre le 29 décembre 2022, confié à Danwe la mission de « faire taire » le journaliste qui l’aurait insulté, et lui aurait remis à cette occasion une somme de deux millions de francs CFA.

Moussa Njoya souligne que, face à ces déclarations formelles faites lors d’une confrontation le 10 février 2023, l’inculpation d’Amougou Belinga repose sur cette accusation de commanditaire, et non sur des campagnes médiatiques. Il applique le même raisonnement aux autres personnes interpellées dans cette affaire, comme Bruno Bidjang ou Martin Savom, dont les mises en cause procéderaient de témoignages et d’éléments matériels versés aux dossiers.

Un appel au respect de la procédure légale

L’universitaire a conclu son intervention par un appel au sérieux et au respect des canaux judiciaires établis. Il a estimé que quiconque disposerait d’informations susceptibles de faire avancer l’enquête sur la mort de Marie-Louise Mballa Ntsama devrait les porter directement devant les officiers de police judiciaire ou le parquet, munis de preuves tangibles.

En l’absence d’une telle démarche, il a suggéré que les discours visant à influencer le cours des investigations pourraient relever d’infractions pénales, telles que les commentaires tendancieux ou l’obstruction à la justice. L’objectif affirmé est de préserver l’intégrité des enquêtes pour permettre à la justice de rendre son verdict en toute indépendance.

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