Shanda Tonme alerte sur la gestion hasardeuse des contrats internationaux

La gestion des contrats internationaux par certaines autorités camerounaises suscite une inquiétude croissante quant à la préservation des intérêts nationaux. Shanda Tonme, président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI) et du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR), a récemment émis une mise en garde sévère contre des pratiques qu’il juge irresponsables et préjudiciables.
Une crédibilité internationale en péril
Le responsable institutionnel dénonce une légèreté préoccupante dans la conduite des affaires contractuelles de l’État. Il déplore que des engagements soient pris, modifiés ou rompus avec une rapidité et un manque de considération qui nuisent à la fiabilité du Cameroun en tant que partenaire économique. Selon lui, cette instabilité contractuelle expose le pays à des condamnations sur la scène internationale et entache son image de sérieux.
Des dérives au sein de l’appareil étatique
L’alerte de Shanda Tonme met en lumière des dysfonctionnements dans la répartition des rôles au sein de l’exécutif. Il constate que des dirigeants d’entreprises publiques et certains membres du gouvernement agiraient parfois en dehors de leurs prérogatives légales, empiétant sur les attributions du Chef de l’État ou du Premier ministre. Cette situation créerait une forme d’anarchie administrative, où les décisions engageant le pays seraient prises sans cadre rigoureux ni vision stratégique à long terme.
En s’appuyant sur les principes énoncés par le président de la République, Paul Biya, concernant la défense de la souveraineté et de l’intégrité nationale, Shanda Tonme estime que les pratiques actuelles vont à l’encontre de ces objectifs. Il souligne que la construction d’un Cameroun prospère pour les générations futures passe nécessairement par une gouvernance intègre, des pratiques commerciales honnêtes et le respect scrupuleux des engagements internationaux.
L’affaire SGS en point de mire
Le président de la COMICODI invite à une réflexion collective en prenant pour exemple les tensions récentes autour du contrat avec la société SGS. Pour lui, les enjeux dépassent les simples rivalités administratives ou les conjectures politiques. Il s’agit fondamentalement de la respectabilité et de la crédibilité du pays, des atouts indispensables pour attirer des investissements étrangers durables et bénéfiques.
Shanda Tonme appelle ainsi à un sursaut des acteurs nationaux, qu’ils soient au gouvernement, dans l’administration ou dans la société civile. Il insiste sur la responsabilité de chacun à refuser des dérives qui, à terme, hypothèquent l’avenir économique et diplomatique du Cameroun. La vigilance et le refus du silence sont présentés comme un impératif civique pour tous ceux qui portent le souci de l’intérêt général et de la pérennité des institutions.



