Samuel Eto’o aurait soutenu le passage de la CAN à quatre ans

La décision de la Confédération Africaine de Football (CAF) de modifier la fréquence de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) soulève des questions quant à son processus d’adoption. Selon des informations relayées par un média britannique, cette réforme majeure, qui verra la compétition adopter un rythme quadriennal à partir de 2028, n’aurait pas fait l’objet d’une consultation élargie auprès des 54 fédérations membres.
Un processus décisionnel contesté
La réforme aurait été validée au sein d’un cercle restreint du comité exécutif de la CAF. Une réunion plénière de cet organe, tenue au Maroc en décembre dernier, aurait rassemblé des représentants de 23 fédérations. C’est lors de cette instance que plusieurs figures influentes, dont le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), Samuel Eto’o, se seraient prononcées en faveur du changement. Le vice-président de la CAF, Fouzi Lekjaa, et le président de la fédération djiboutienne, Souleiman Hassan Waberi, auraient également soutenu la mesure.
Cette méthode a provoqué des remous parmi les dirigeants du football africain. Plusieurs présidents de fédérations ont indiqué n’avoir été informés de la proposition que de manière informelle, par le biais de rumeurs, avant l’annonce officielle du président de la CAF, Patrice Motsepe, le 20 décembre. L’un d’eux a même déploré l’absence de communication officielle en amont de cette décision structurante.
Débat sur la légalité et les statuts
La CAF défend la légalité de la procédure suivie. L’institution continentale s’appuie sur l’article 23.10 de ses statuts, qui confère au comité exécutif l’autorité suprême sur toutes les questions liées à ses compétitions. Un porte-parole a affirmé que les membres de ce comité avaient voté à l’unanimité en faveur de la réforme, et qu’une séance d’information avec les 54 associations avait suivi.
Cependant, cette interprétation est contestée par des experts en gouvernance et en droit du sport. Ces derniers estiment que l’Assemblée Générale de la CAF demeure l’autorité suprême de la confédération et que toute modification d’une telle ampleur relève de sa compétence exclusive. Ils soutiennent que le comité exécutif, en tant qu’organe subordonné, ne peut valablement adopter une décision de cette nature sans un mandat clair de l’assemblée plénière.
L’annonce de cette réforme, intervenue à la veille de la finale de l’édition marocaine de la CAN, marque un tournant pour la plus prestigieuse compétition de football du continent. Le passage à un cycle de quatre ans, aligné sur celui de la Coupe du Monde et de l’Euro, vise à revaloriser l’événement et à alléger le calendrier des joueurs. Son application effective à partir de 2028 sera observée avec attention par l’ensemble de l’écosystème du football africain.



