Un sénateur camerounais saisit la justice pour diffamation en ligne

Une procédure judiciaire d’envergure a été engagée à Yaoundé, impliquant un membre de la haute assemblée législative camerounaise. Le sénateur Sylvestre Ngouchinghe, également connu pour ses activités dans le secteur agro-industriel, a officiellement saisi le tribunal de première instance du centre administratif de la capitale.
Une plainte pour plusieurs chefs d’accusation
L’action en justice, déposée le 27 janvier 2026, vise Vincent Sosthène Fouda, une personnalité politique active sur le réseau social Facebook. La plainte, assortie d’une constitution de partie civile, demande l’ouverture d’une information judiciaire.
Le parlementaire reproche à la personne mise en cause d’avoir diffusé, via des canaux de communication électroniques, des allégations le reliant à une affaire criminelle grave. Il s’agit du meurtre de Marie Louise Mballa Ntsama, survenu à Yaoundé dans la première semaine de janvier 2026. Les publications incriminées auraient désigné le sénateur comme le principal suspect de cet homicide, l’associant à une transaction immobilière avec la famille de la victime.
Des implications institutionnelles et pénales
Au-delà de la diffusion d’informations présumées fausses, le plaignant invoque le délit d’outrage aux corps constitués. En sa qualité de membre du bureau du Sénat, il estime que les accusations portées en ligne constituent une atteinte à l’institution parlementaire elle-même.
Enfin, la plainte retient le chef de diffamation, relevant une atteinte portée à l’honneur et à la considération publique de l’homme d’affaires. La procédure s’appuie sur un arsenal juridique combinant le Code pénal, notamment ses articles 154 et 305, et la loi de 2010 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité.
Cette affaire met en lumière les tensions croissantes entre l’exercice de la vie politique, la liberté d’expression sur les plateformes numériques et la protection de la réputation des personnalités publiques. Elle intervient dans un contexte où les autorités judiciaires camerounaises sont de plus en plus sollicitées pour trancher des litiges nés sur les réseaux sociaux.



