Cameroun : le ministre Momo ironise sur les promesses politiques de Tchiroma

Une nouvelle passe d’armes verbale oppose deux figures politiques camerounaises, illustrant les tensions persistantes du paysage national. Jean de Dieu Momo, ministre délégué auprès du ministre de la Justice et président du parti Paddec, a réagi publiquement aux récentes déclarations de l’opposant Issa Tchiroma Bakary.
Une réponse cinglante aux allégations
Dans une publication diffusée ce lundi, le membre du gouvernement a formulé une réponse ironique aux propos de l’ancien ministre de la Communication. Issa Tchiroma Bakary avait en effet affirmé, lors d’un échange téléphonique avec ses partisans, préparer des « miracles » politiques et réaffirmé ses ambitions.
Le ministre Momo a tourné en dérision cette annonce en rappelant un épisode antérieur. Il a évoqué le fait que, durant la période électorale, des partisans de Tchiroma avaient interprété la présence d’oiseaux sur le toit de sa résidence à Garoua comme un signe prophétique de sa future accession à la magistrature suprême. Un événement que le ministre qualifie, avec sarcasme, de « premier miracle » resté sans suite.
Un contexte politique post-électoral tendu
Cette joute verbale intervient dans un climat politique particulier, plusieurs mois après la dernière élection présidentielle. Le processus électoral est officiellement clos et le président déclaré élu a entamé son mandat. Issa Tchiroma Bakary, qui s’était autoproclamé vainqueur du scrutin et se trouve actuellement en exil, maintient cependant une rhétorique de contestation et de promesses de retournement de situation.
Si la base militante de l’opposant reste attentive à ses prises de parole et nourrit l’espoir d’un « retour imminent » annoncé pour 2026, des observateurs notent un essoufflement de son discours auprès d’une frange plus large de l’opinion publique. L’effet d’attente créé par des annonces répétées de changements spectaculaires semble s’éroder avec le temps.
Cet échange témoigne des fractures et des rivalités qui traversent la classe politique camerounaise, où d’anciens collaborateurs au gouvernement s’affrontent désormais par médias interposés. Le ton employé par le ministre Momo, alliant moquerie et rappel des faits, vise clairement à discréditer la crédibilité et la constance des promesses de son adversaire, dans un débat qui dépasse la simple polémique pour toucher à la légitimité et à la perception des acteurs politiques.



