Cameroun – Financement agricole: Le projet “Invest Development & PES Hub”, une niche crédible pour les planteurs
Cameroun - Financement agricole: Le projet “Invest Development & PES Hub”, une niche crédible pour les planteurs

Cameroun – Financement agricole: Le projet “Invest Development & PES Hub”, une niche crédible pour les planteurs
C’est un tournant historique pour l’agriculture camerounaise. Le 16 septembre 2026 à Yaoundé, le projet « Invest Development & PES Hub », porté par l’Initiative pour le Commerce Durable (IDH), a été officiellement lancé sous la présidence du Ministre Délégué auprès du MINEPAT. Il s’ agit de mobiliser des financements privés massifs pour les PME et coopératives du cacao, du café et de l’hévéa, et faire du Cameroun le miroir mondial de la durabilité.
Autour de la table, les Organisations de la Société Civile, les professionnels agricoles et les structures d’appui aux exploitations, les responsables de la CAPEF (Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Élevage et des Forêts du Cameroun), et l’Administrateur Directeur du FODECC (Fonds de Développement des Filières Cacao et Café), les banques et établissements de Microfinance. Tous réunis pour un même pari. Donner un coup ko à la pauvreté des planteurs au Cameroun.
Bien plus que des garanties bancaires
Alors que le Cameroun entre en phase pilote, le principe du « Invest Development & PES Hub » est simple et révolutionnaire. Attirer l’argent privé vers les filières à risque pour la forêt. Notamment, le cacao, le café, l’hévéa.
Exit donc le système où le petit producteur quémande un crédit impossible. Ici, le mécanisme prévoit un package complet : assistance technique de proximité, structuration financière des coopératives, renforcement des capacités pour devenir « bancable ». En clair, on ne donne pas seulement une garantie à la banque, on transforme la coopérative en une entreprise crédible, capable de négocier.
L’autre arme fatale du projet, c’est la traçabilité. À l’heure où l’Union Européenne exige du cacao sans déforestation, le projet va aider les coopératives camerounaises à prouver la transparence de leur production. Résultat attendu est de pouvoir renforcer les capacités de négociation face aux multinationales qui, jusque-là, imposaient leurs prix.
Les maires aux commandes
Pour éviter que le projet reste un discours de Yaoundé, une gouvernance de terrain a été annoncée. Au sommet, un comité de pilotage national réunissant le MINADER et l’ensemble des parties prenantes. À la base, des comités locaux présidés par les maires, regroupant secteur public, secteur privé, communautés villageoises et ONG. C’est l’approche « paysage » où on ne finance pas juste une coopérative, on développe tout un territoire producteur de façon durable.
Il faut le dire, cette phase pilote va être implantée dans le grand Mbam au Centre du Cameroun. Pour Jean Marie Anaba Ebouga, PCA de l’Union des Coopératives de Mbangassina, « Nous sommes en train d’encadrer nos producteurs pour implémenter la nouvelle réglementation de l’Union Européenne liée à la production du cacao. Le producteur lambda qui est sur le terrain à Mbangassina va bénéficier de ce programme de Paiement des Services Environnementaux à travers IDH et à travers le CAFI […] Nous sommes fiers et nous remercions grandement IDH d’avoir implémenté cette politique au niveau local. »
Le cameroun, futur miroir mondial du cacao durable ?
L’ambition affichée par IDH et le MINEPAT est énorme. Faire du Cameroun un modèle, un « miroir de la durabilité » dans le secteur cacao. Si la phase pilote réussit sur le cacao, le café et l’hévéa, l’expérience sera étendue à d’autres spéculations. Pour les milliers de familles qui vivent de ces cultures de rente, c’est l’espoir d’une rentrée pas seulement scolaire, mais économique : mieux financés, mieux structurés, mieux payés.



