Cameroun : feuille de route pour une gestion durable des déchets urbains

Près de huit mois après la tenue des États généraux consacrés à la gestion des déchets en milieu urbain, le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (MINHDU) a rendu publique la feuille de route stratégique issue de ces travaux. Cette publication intervient dans un contexte où les défis de salubrité persistent dans les principales agglomérations du pays.
Un cadre financier et contractuel repensé
Le plan d’action gouvernemental prévoit en premier lieu une restructuration profonde des mécanismes de financement. Une mesure phare est la création d’un compte spécial destiné à centraliser les fonds issus des droits d’accises et des subventions de l’État, afin d’assurer le paiement régulier des prestataires. Un groupe de travail interministériel, associant les Finances, le Développement et les Collectivités territoriales, devra proposer dans un délai de trois mois un nouveau dispositif de financement mieux adapté.
Parallèlement, l’État entend mobiliser les financements climatiques internationaux, tels que le Fonds Vert pour le Climat, pour soutenir les projets de valorisation portés par les communes. Le processus de contractualisation avec les opérateurs sera également rationalisé, avec une préparation des contrats un an à l’avance et une implication accrue des maires d’arrondissement dans leur élaboration et leur suivi.
Renforcement de la gouvernance et des infrastructures
Sur le plan législatif, des révisions du code de la décentralisation sont envisagées pour attribuer explicitement aux communes d’arrondissement les compétences en matière de collecte, de tri et de valorisation. Le cadre pénal sera également durci, avec une augmentation significative des amendes pour infractions en matière d’hygiène, qui pourraient passer à 25 000 FCFA.
Le volet infrastructurel du plan prévoit le démarrage, dès cette année, de la construction de plateformes de regroupement des déchets à Douala et Yaoundé. Un programme soutenu par des bailleurs de fonds sera mis en œuvre pour combler le déficit en centres de transfert et de traitement. À plus long terme, l’objectif est d’éliminer progressivement les bacs à ordures le long des voies principales.
Vers une économie circulaire structurée
L’ambition affichée est de transformer cette feuille de route en une politique nationale sur les ressources en déchets. Pour y parvenir, le gouvernement projette de soutenir, dès le budget 2026, les initiatives d’économie circulaire et d’encourager les communes à généraliser le tri sélectif en amont.
La formation constitue un autre axe majeur, avec l’ouverture de filières spécialisées dans les universités et lycées techniques. Enfin, l’État s’engage à favoriser l’utilisation de matériaux recyclés dans les projets de construction urbains, bouclant ainsi la boucle d’une gestion plus durable et intégrée des déchets.



